Archives

    Entre le 31 mars et le 1er avril 2026, la nuit a été longue, vibrante, presque irréelle. À Bunia comme dans plusieurs coins de l’Ituri, la population n’a pas voulu dormir. Chants, cris de joie… jusqu’à 3 heures, voire 4 heures du matin, une province entière s’est levée comme un seul homme pour célébrer un moment que beaucoup n’osaient plus espérer.

    Au cœur de cette ferveur : Axel Tuanzebe. Un fils de l’Ituri. Un nom désormais inscrit dans les mémoires. Un but, un seul, mais lourd de sens : celui qui ouvre aux Léopards les portes de la prochaine Coupe du monde, plus d’un demi-siècle après la dernière participation.

    Face à cette vague d’émotion, le gouverneur de la province, le lieutenant-général Luboya N’kashama, n’a pas caché sa propre joie. Mais au-delà de la célébration, son message a pris une dimension plus profonde, presque solennelle.

    « Nous avons déjà proclamé dès le début que l’Ituri a une population unique… Aujourd’hui, un fils de l’Ituri vient de nous offrir ce billet. Est-ce qu’on ne peut pas être content pour ça ? »

    Oui, l’Ituri peut être fier. Fier d’avoir donné au pays un héros du jour. Fier de voir, l’espace d’un instant, les regards du monde se tourner vers elle non pas pour ses blessures, mais pour sa lumière.

    Car cette victoire dépasse le cadre du football. Elle change, ne serait-ce qu’un moment, la narration autour d’une province longtemps associée à la douleur et aux conflits.

    Le gouverneur l’a exprimé avec des mots simples, mais chargés de sens : “Aujourd’hui, tout le monde a les yeux sur l’Ituri.” Et c’est précisément là que naît la responsabilité.

    Dans un discours qui a marqué les esprits, il a transformé ce moment sportif en appel collectif. « Axel, a marqué le premier but…(celui qui nous qualifie: ndlr.) Nous aussi, nous allons marquer le deuxième : celui de la réconciliation, du pardon. »

    Un message qui trouve un écho direct dans les paroles du héros lui-même. En zone mixte, après le match, Axel Tuanzebe n’a pas esquivé la réalité. « On voit ce qui se passe à l’Est… ça ne plaît pas. On veut que ça s’arrête. »

    Deux voix, deux positions différentes, l’une institutionnelle, l’autre sportive, mais un même cri du cœur : mettre fin aux divisions et tourner la page de la violence.

    Ce qui s’est passé dans la nuit en Ituri en dit long. Le gouverneur l’a souligné lui-même : il a vu une population unie, fière, rassemblée autour d’un même symbole. Pendant quelques heures, les différences se sont effacées. Les appartenances se sont tues. Il ne restait qu’une identité : celle d’être Iturien.

    Mais la question demeure, presque lancinante : que faire de ce moment ?

    Le lieutenant-général Luboya n’a pas voulu laisser cette joie s’évaporer sans lendemain. Son appel est clair, presque pressant : « Ne lui foutons pas la honte… ne nous foutons pas la honte nous-mêmes. Offrons-lui la paix. »

    Oui, la fierté ne suffit pas. Elle doit s’accompagner d’un changement réel, visible, durable.

    Aujourd’hui, l’Ituri a une autre occasion de se raconter autrement. De montrer qu’elle peut être, non seulement une terre de talents, mais aussi une terre de réconciliation.

    Le fils de Bunia, Axel Tuanzebe a marqué son but. Mais le « deuxième but », celui dont parle le gouverneur, reste à marquer. Socialement et sportivement parlant, celui-ci sera marquer par un effort ou un jeu collectif qui ira de la défense jusqu’à l’attaque.

     

    Verite Johnson

    Leave A Reply

    error: Content is protected !!