La République Démocratique du Congo est confrontée à une crise humanitaire sans précédent, se classant désormais au deuxième rang des pays africains avec le plus grand nombre de personnes déplacées internes. Cette situation alarmante a été soulignée par Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), lors de sa visite à Kinshasa le mardi 26 août 2025.
Accueilli par le Président de la République, Filippo Grandi a révélé des chiffres préoccupants pour témoigner de la gravité de la crise. Selon les données arrêtées au 31 mars 2025, la RDC compte un total de 5,92 millions de déplacés internes.
Un nombre colossal qui place le pays juste après le Soudan et ses plus de 10 millions de déplacés. Le Haut-Commissaire a attribué cette hausse principalement à la « guerre d’agression rwandaise dans sa partie orientale », faisant écho aux accusations de Kinshasa contre son voisin, le Rwanda.
Une situation sécuritaire volatile, malgré l’état de siège
Cette augmentation du nombre de déplacés est une conséquence directe de la détérioration de la situation sécuritaire, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, toutes deux placées sous état de siège depuis plus de 4 ans. Cette mesure d’exception, instaurée pour tenter de pacifier ces régions et de neutraliser les groupes armés, « n’a malheureusement pas réussi à endiguer les violences », selon certains analyses.
Les attaques récurrentes du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda selon les rapports des experts de l’ONU, et d’autres milices locales, continuent de forcer des milliers de familles à fuir leurs foyers pour trouver refuge dans des conditions souvent précaires. A cela s’ajoute la présence dangereuse de la rébellion ougandaise ADF.
Les récits de la population locale et les rapports des organisations humanitaires font état de massacres, de pillages et d’enlèvements, alimentant un cycle de peur et de déplacement incessant. Les camps de déplacés, tels que ceux de Goma et ses environs, sont saturés et manquent cruellement de ressources essentielles comme l’eau, la nourriture et les soins de santé, exposant les populations, en particulier les femmes et les enfants, à d’énormes risques sanitaires et sécuritaires.
A Bunia, le nombre de déplacés à grimpé ces derniers mois après des affrontements entre militaires et groupes d’autodéfense et Mapi dans certaines entités de l’Ituri.
L’UNHCR et les autres agences humanitaires ont multiplié les appels à la communauté internationale pour un soutien accru. Le président de la République, de son côté, s’est engagé à œuvrer avec les partenaires internationaux pour apporter une solution durable à cette crise. Cependant, les défis sont immenses et requièrent non seulement une aide humanitaire d’urgence, mais également des efforts concertés pour ramener la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs, une condition indispensable pour le retour des millions de déplacés dans leurs foyers.
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