Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) et du Soudan du Sud ont tenu, mercredi 14 janvier 2026, une réunion bilatérale sécuritaire à Kengezi-Base, dans la chefferie des Kakwa, territoire d’Aru, province de l’Ituri.
L’objectif est de renforcer la coopération sécuritaire et le bon voisinage entre les deux pays frontaliers. La rencontre a réuni, côté congolais, l’administrateur policier du territoire d’Aru, et côté sud-soudanais, le commissaire du district de Morobo. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires récurrentes le long de la frontière commune.
S’exprimant à buniaactualite.cd à l’issue des échanges, le commissaire du district de Morobo, Charles Dhata, a salué cette initiative qu’il qualifie de pas important vers une coexistence pacifique entre les communautés Kakwa des deux pays.
« Nous sommes un même peuple. Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes uniquement à Juba ou à Kinshasa. Nous acceptons de vivre ensemble et de dépasser les problèmes du passé », a-t-il déclaré.
Au cours de la réunion, les deux parties ont également abordé le dossier de l’arrestation, en décembre dernier, de deux éléments congolais des services de sécurité et de défense, ainsi que leur libération. Un échange de détenus a été officiellement acté entre les deux délégations.
L’administrateur policier du territoire d’Aru, Richard Mbambi Kingana Kitabakulu, a confirmé l’opération.
« La délégation sud-soudanaise nous a remis un militaire de la Garde républicaine et un policier qui avaient été pris en otage. De notre côté, nous avons remis un militaire sud-soudanais arrêté à Agorobha. Nous avons convenu de nous rencontrer régulièrement et d’échanger des informations, surtout entre les villages frontaliers. »
La rencontre a réuni les comités de sécurité des deux entités administratives, à savoir le territoire d’Aru pour la RDC et le district de Morobo pour le Soudan du Sud.
Les chefferies de Kakwa et de Kaliko-Omi, qui accueillent de nombreux réfugiés sud-soudanais fuyant le conflit dans leur pays, restent particulièrement exposées aux défis sécuritaires. La présence de ces populations le long de la frontière est régulièrement citée parmi les facteurs favorisant des incursions armées, impliquant aussi bien des rebelles sud-soudanais que des éléments de l’armée régulière, souvent sous prétexte de traquer de supposés « faux réfugiés ». Ces opérations se soldent fréquemment par des pillages sur le sol congolais.
Les autorités des deux pays espèrent que le renforcement du dialogue local et de la coopération sécuritaire contribuera à réduire ces incidents et à stabiliser durablement la zone frontalière.
Etsoni Ondoa Isaac

