La situation humanitaire demeure extrêmement préoccupante dans la province du Nord-Kivu. Dans son rapport de situation n°2 publié le 17 février 2026, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires en République démocratique du Congo (OCHA RDC), en collaboration avec ses partenaires, dresse un tableau alarmant couvrant la période du 1er au 31 janvier 2026.
Des affrontements persistants et meurtriers
Le mois de janvier a été marqué par la poursuite des affrontements armés dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Walikale. Dans le territoire de Beni, au moins 50 personnes ont perdu la vie lors d’attaques armées.
À Rutshuru, les combats entre groupes armés se sont intensifiés dans plusieurs villages de la chefferie de Bwito, notamment dans les groupements de Bukombo, Kihondo, Mutanda, ainsi qu’à Bambo et Tongo. Entre le 12 et le 16 janvier, une cinquantaine de civils auraient été tués dans plus d’une dizaine de villages des groupements de Bukombo et Kihondo.
Ces violences ont entraîné le déplacement de plusieurs centaines de personnes, des chiffres encore en cours de consolidation. La majorité des ménages déplacés s’est dirigée vers Bukombo-centre, Ihula, Nyanzale, Kikuku-centre et Katsiru. D’autres familles ont trouvé refuge à Mweso et Kitchanga, dans le territoire voisin de Masisi.
L’axe Kiwanja-Kanyabayonga reste particulièrement dangereux. Entre le 12 et le 14 janvier, au moins cinq personnes ont été tuées et seize autres blessées lors d’embuscades visant des véhicules de transport en commun. Ces incidents freinent considérablement les mouvements et compliquent l’accès humanitaire.
Le 10 janvier, un travailleur humanitaire a également été enlevé à Kashalira, sur l’axe Kibirizi-Kikuku, avant d’être libéré quatre jours plus tard.
Dans la chefferie de Bwisha, un regain de violences observé depuis le 23 décembre 2025 s’est prolongé en janvier. Des combats à proximité de zones densément peuplées, notamment à Nyabanira, ont provoqué le déplacement de plus de 3 800 personnes vers l’aire de santé de Kinyandonyi.
Une crise humanitaire d’ampleur
Au 31 janvier 2026, la province comptait 1,86 million de personnes déplacées internes, selon la Commission des mouvements de population (CMP Nord-Kivu). Par ailleurs, 2,17 millions de personnes sont enregistrées comme retournées dans leurs localités d’origine.
La situation alimentaire reste critique. Selon l’analyse IPC de janvier à juin 2026, 3,90 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë (phase IPC 3 et plus).
Sur le plan sanitaire, plus de 2 600 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été pris en charge au Nord-Kivu au cours de la période considérée.
Verite Johnson

