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    Le 19 avril, la ville de Bunia a offert une belle image rare, presque inattendue pour certains : celle d’une foule rassemblée, vibrante, unie par une seule chose : la musique.

    Au stade de Kindia, les lumières ne se sont pas contentées d’éclairer une scène. Elles ont révélé une autre facette de la ville. Une facette vivante, joyeuse, profondément humaine.

    Il est 21 heures passées lorsque les derniers spectateurs commencent à quitter les gradins. Mais dans les esprits, le spectacle continue encore. Quelques heures plus tôt, l’artiste musicien Saimon Cornel faisait son entrée. Dès les premières notes, le stade s’embrase. Les voix s’élèvent, les corps s’animent, et pendant un instant suspendu, tout semble simple : être ensemble.

    Puis survient un moment inattendu. Zakalara, artiste venu de Kinshasa, rejoint la scène. L’effet est immédiat. La foule redouble d’énergie. Les frontières s’effacent, géographiques, sociales, culturelles. Il ne reste que le rythme, la communion, et cette sensation rare d’unité.

    Dans un échange accordé à buniaactualite.cd avant son retour le 20 avril, Zakalara ne cache pas sa surprise : « En tous cas, c’est une image contraire de ce qu’on nous raconte à Kinshasa sur Bunia. »

    Cette phrase résonne comme un écho à ce que beaucoup ont ressenti ce soir-là. Car au-delà des récits souvent dominés par l’insécurité, Ituri montre une autre vérité. Celle d’une jeunesse dynamique. D’artistes engagés. D’un public capable de transformer un simple concert en moment de cohésion.

    Dans la foule, une jeune fille venue de Kampala résume l’ambiance avec des mots simples : « J’ai beaucoup aimé. C’était magnifique. »

    Et il faut le reconnaître : ce 19 avril marque aussi une étape importante pour Saimon Cornel. En se produisant pour la deuxième fois en tête d’affiche au stade de Kindia, après le 13 avril 2025, il inscrit son nom dans l’histoire culturelle locale. Deux concerts, deux défis relevés, et une confirmation : le talent local peut porter loin.

    Avec humilité, Saimon Cornel manque des mots. « Le seul mot : merci Bunia. À très bientôt pour les prochains rendez-vous. ».

    Sur les réseaux sociaux, les images ont rapidement circulé. Des visages souriants. Des bras levés. Des instants de partage. Autant de preuves que la ville ne se résume pas à ses difficultés.

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    Oui, l’insécurité existe. Mais elle ne raconte pas toute l’histoire. Cette nuit-là, Bunia a montré qu’elle sait aussi vivre, créer, rassembler. Que sa population peut sortir, célébrer, et rentrer chez elle au-delà de 21 heures. Que la musique peut devenir un langage commun, plus fort que les divisions.

    Et peut-être que c’est cela, la véritable image à retenir : celle d’une ville debout, qui malgré tout, choisit encore de chanter ensemble.

     

    Verite Johnson

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