Les ressortissants de l’axe Manguredjipa résidant à Butembo ont publié une déclaration solennelle pour exprimer leur profonde indignation. C’est face à la détérioration de la situation sécuritaire dans le secteur des Bapere et une partie de la chefferie des Baswagha, deux régions du territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu.
Réunis en assemblée, ces membres de la communauté ont vivement critiqué ce qu’ils qualifient « d’inefficacité » de la mutualisation des forces armées congolaises (FARDC) et ougandaises (UPDF). Selon leur déclaration consultée par buniaactualite.cd ce mardi 09 septembre, « les attaques menées par le groupe armé ADF/MTM se sont multipliées, entraînant des pertes humaines considérables ». Ils citent notamment « les récents massacres de Ntayo et Mabunda, où de nombreuses vies ont été fauchées sans aucune intervention des forces armées sur place ».
Les signataires de la déclaration décrivent un « mode d’opération des forces conjointes jugé purement défensif ». Ils affirment que les troupes restent concentrées dans les agglomérations, « laissant l’ennemi circuler librement dans les environs ». Cette absence d’initiative offensive est particulièrement troublante pour la population, qui a le « sentiment que les forces conjointes n’agissent qu’après les massacres », dans le seul but de « disperser les assaillants » plutôt que de les « neutraliser ».
Le massacre de Ntayo, où une centaine de personnes auraient été tuées dans la nuit du 8 au 9 septembre, est présenté comme la preuve tragique de cette inefficacité. Face à cette inaction, la communauté de Manguredjipa a décidé d’adopter plusieurs mesures de protestation.
A lire aussi : Nord-Kivu : l’armée soutient l’initiative de paix du diocèse de Butembo-Beni
Mesures de protestation et exigences
Pour faire entendre leurs revendications, les ressortissants de Manguredjipa ont formulé trois exigences principales, assorties de mesures de protestation immédiates :
Suspension des enterrements : Les familles des victimes ont décidé de ne pas inhumer les corps tant qu’elles n’auront pas obtenu une réponse favorable des autorités. Les dépouilles seront conservées dans un lieu identifié par la communauté.
Boycott fiscal : Le paiement de toutes les taxes dans la région est suspendu jusqu’au rétablissement de la paix. La population exige également le retrait immédiat de tous les percepteurs de taxes présents dans la zone.
Remplacement des troupes : La communauté demande le remplacement des militaires actuellement déployés sur ce front dans un délai de 48 heures.
Dans leur déclaration, les habitants de Manguredjipa « avertissent » que si leurs revendications ne sont pas entendues, « la population se verra contrainte de définir ses propres stratégies pour assurer sa sécurité », sans plus compter sur les services de l’État.
Rédaction

