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    L’entrepreneuriat féminin peut être un véritable levier d’autonomisation économique. Mais à Butembo, dans la province du Nord-Kivu, de nombreuses femmes peinent encore à développer leurs activités, faute de financement et d’accompagnement. À l’occasion de la Journée internationale de la fille, Buniaactualite.cd vous fait découvrir le parcours de Joviale Nzenda, une jeune entrepreneure qui mise sur l’agrobusiness pour prendre son avenir en main.

    Joviale Nzenda s’est lancée dans la fabrication de pâte d’arachide, commercialisée sous la marque « Lotoba Kanga journée ». Une activité qu’elle a découverte auprès de sa mère, qui l’exerçait déjà. Aujourd’hui, elle s’y investit avec passion et détermination, avec un objectif : subvenir à ses besoins sans dépendre entièrement de ses parents.

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    Malgré les difficultés, elle ne baisse pas les bras. L’accès aux matières premières, le coût des emballages et le manque de financement compliquent son activité. À cela s’ajoute la méfiance de certains consommateurs envers les produits locaux.

    « L’idée, c’est de me prendre en charge, car nous ne devons pas dépendre totalement de nos parents. Par exemple, mon père ne devrait plus avoir à m’acheter un vêtement ou un téléphone. La grande difficulté réside dans l’accès aux matières premières, en raison de l’insécurité dans nos zones d’approvisionnement. Il y a aussi la question du conditionnement. Faute d’usines locales, nous sommes obligées d’importer nos emballages. Sans oublier la méfiance de certains consommateurs, qui pensent à tort que les meilleurs produits viennent toujours de l’extérieur. Enfin, le financement demeure le défi majeur : si seulement nous pouvions accéder à des microcrédits… », confie-t-elle.

    Son initiative suscite l’admiration de son entourage. Henry Mathe Kahimba, l’un de ses proches, estime que son parcours démontre que les femmes ont, elles aussi, leur place dans le monde des affaires. Au-delà de son autonomie financière, son activité contribue également à la promotion des produits locaux.

    « Son parcours nous aide à comprendre que l’entrepreneuriat n’est pas réservé aux hommes. Je l’encourage vivement à relever ce défi. Je crois en elle et en ce qu’elle fait, et je suis convaincu qu’elle réussira. Cette initiative la rend autonome, fait la fierté de sa famille et apporte un produit local de qualité à la société », souligne-t-il.

    Sur le terrain, certaines organisations locales tentent d’accompagner les jeunes entrepreneurs. Mais leurs moyens limités ne leur permettent pas toujours de financer les projets. Les formations restent alors leur principal outil d’accompagnement, comme l’explique Masika Kweli Kweli, responsable de Congo Lead Initiative.

    « Selon notre approche, nous accompagnons ces jeunes en renforçant leurs capacités en leadership pour soutenir leurs initiatives. Les défis sont réels. Si nous nous limitons aux formations, c’est parce que nos moyens sont restreints. Notre souhait serait d’appuyer financièrement leurs microprojets à l’issue de chaque session », explique-t-elle.

    Joviale Nzenda ne compte pas s’arrêter à la fabrication de pâte d’arachide. Elle s’est également lancée dans l’élevage de poules. Pour approfondir ses connaissances et renforcer ses compétences dans l’agrobusiness, elle poursuit actuellement ses études supérieures dans une institution de la place.

    À travers ces différentes initiatives, la jeune entrepreneure poursuit son objectif : gagner en autonomie et faire grandir ses activités, malgré les obstacles.

    Providence Birugho

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