À Butembo, dans la province du Nord-Kivu, au moins cinq demandes de divorce seraient enregistrées chaque semaine par les services judiciaires, selon un magistrat local. Ce constat a été présenté dimanche 18 octobre 2026, lors d’un séminaire consacré à la vie conjugale, organisé par la 55ᵉ Communauté des Églises Baptistes au Congo-Est, (CEBCE) Polyglossa MGL.
Tenue à l’hôtel Believe, cette rencontre, initiée par le département Femmes et Familles de l’Église, a réuni des participants autour du thème « Au commencement, il n’en était pas ainsi ». L’objectif était de promouvoir la stabilité des couples et de renforcer les valeurs familiales à travers les enseignements bibliques.
Intervenant au cours de cette activité, le magistrat Byacombe Juldoris a fait état d’une situation préoccupante concernant les conflits conjugaux à Butembo. Selon les chiffres qu’il a présentés, les juridictions locales enregistreraient au moins cinq demandes de divorce par semaine.
Il a notamment évoqué l’infidélité et les conséquences des mariages précoces parmi les facteurs qui alimentent les tensions dans les ménages. Face à cette situation, il a encouragé les couples à privilégier la compréhension mutuelle, le respect et le soutien réciproque.
Cette intervention judiciaire a complété les enseignements religieux dispensés au cours du séminaire, dont la modération était assurée par le révérend pasteur Denis Kalipi, responsable de l’Église Polyglossa MGL.
S’appuyant notamment sur les passages bibliques de la Genèse et de l’Évangile selon Matthieu, le couple Mukandjila Elias et Mbuyu Kyakutala Marie a insisté sur la fidélité, le pardon et le dialogue comme fondements de la vie conjugale chrétienne.
Les deux intervenants ont également attiré l’attention sur les conséquences des séparations conflictuelles, particulièrement pour les enfants, tout en rappelant la conception biblique du mariage comme un engagement durable.
De son côté, le professeur Honoré Bunduki Kwany, pasteur et recteur de l’Université chrétienne bilingue du Congo (UCBC), basée à Beni, a invité les participants à considérer le foyer comme un espace qui nécessite un entretien permanent.
Dans son enseignement, il a développé trois dimensions de la vie familiale : le mariage, présenté comme une relation fondée sur l’engagement mutuel ; le foyer, comparé à un jardin à entretenir ; et la responsabilité individuelle dans les choix qui favorisent ou fragilisent l’harmonie conjugale.
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Il a particulièrement insisté sur l’importance des relations humaines, estimant que la recherche des biens matériels ne devrait pas prendre le dessus sur l’attention accordée aux membres de la famille. Il a également souligné la dignité et l’égalité de valeur de la femme dans le couple.
Les échanges se sont poursuivis par une séance de questions-réponses, permettant aux participants d’aborder différentes préoccupations liées à la vie conjugale.
Au-delà de sa dimension religieuse, cette rencontre a mis en lumière les inquiétudes exprimées par des responsables judiciaires et religieux concernant les conflits matrimoniaux à Butembo.
Toutefois, les chiffres avancés sur les demandes de divorce restent à documenter auprès des juridictions compétentes, notamment pour déterminer leur période de référence et leur évolution. Une demande de divorce enregistrée ne signifie pas nécessairement qu’une dissolution du mariage a été prononcée.
Providence Birugho

