Psychologue engagée dans l’accompagnement psychosocial des victimes de la guerre en Ituri, Nancy Say Kana fait l’objet de menaces depuis plusieurs mois. Ses proches rapportent également des visites inquiétantes à son domicile et des incidents qui auraient concerné ses enfants. Le cas le plus récent qui remonte au 23 septembre 2026 avait été signalé à la police selon des sources familiales.
Qui est Nancy Say Kana ?
Actuellement hors de Bunia, Nancy Say Kana est une psychologue engagée dans le soutien psychosocial et le bien-être des personnes victimes de la guerre, avec une attention particulière portée aux enfants et aux jeunes.
Ayant travaillé dans le passé avec différentes organisations humanitaires, notamment MEDAIR, Centre d’Intervention Psychosociale, Centre for Children in Vulnerable Situations (CCVS), elle œuvre également en collaboration avec certaines organisations locales et internationales comme ACIAR, le Réseau Haki na Amani, SOFAPADI et AMAB, ainsi qu’avec différents acteurs qui accompagnent les victimes de violences et les personnes en situations particulierement difficiles.
Depuis 2020, elle s’est investie dans la prise en charge psychosociale des personnes déplacées de guerre, principalement celles vivant dans le site de Kigonze, à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.
En plus des activités psychosociales individuelles et de groupe animées chaque semaine au sein du site, son intervention comprend également l’accompagnement de certaines femmes et jeunes déplacées dans des activités génératrices de revenus.
« … avec notamment la coloration des tissus, fabrication des bracelets, des colliers », témoigne, sous anonymat, l’une des bénéficiaires.
Nancy menacée, mais pourquoi ?
Selon les informations recueillies par la rédaction, Nancy Say Kana reçoit depuis quelques mois des appels et messages anonymes dans lesquels ses interlocuteurs la menaceraient en raison de ses activités auprès des déplacés du site de Kigonze.
D’après les mêmes sources et certaines personnes ayant requis l’anonymat, les personnes non identifiées lui reprocheraient d’« avoir choisi son camp », en soutenant, selon elles, une seule communauté dont certains membres ont trouvé refuge dans ce site situé en pleine ville de Bunia.
Nancy Say Kana exerce actuellement son activité de manière indépendante dans le cadre de l’appui aux personnes victimes de violences et de violations des droits humains, notamment les enfants victimes de violences sexuelles, les enfants soldats, les enfants vivant dans la rue et les enfants affectés par la guerre, selon les informations recueillies par la rédaction.
Le cas le plus récent de ces menaces remonterait au 23 septembre 2026 et aurait été signalé à la police, notamment pour assurer la sécurité des enfants, selon la famille. Ses proches affirment toutefois que les menaces ne seraient pas nouvelles et qu’elles auraient, par le passé, également été formulées de manière directe.
« Parfois, des gens lui disent : “Toi, tu as choisi ton camp, on va s’occuper de toi” », rapporte un membre de sa famille.
Ses enfants, des cibles potentielles ?
Les faits rapportés ne concerneraient pas uniquement Nancy Say Kana. Selon ses proches, son domicile aurait également fait l’objet de plusieurs visites des personnes inconnues étant à sa recherche et des incidents qu’ils jugent inquiétants.
« En Juillet 2026, ils sont arrivés à son domicile et ont menacé ses enfants. Une autre fois, ils auraient tenté d’enlever l’un de ses enfants. Heureusement, l’enfant avait résisté », témoigne une de ses soeurs.
La famille et les proches de Nancy Say Kana disent s’inquiéter de la gravité et de la récurrence de la situation.
Rédaction

