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    Quelle eau boivent réellement les habitants de Bunia qui dépendent des forages ? La question est au cœur d’une nouvelle enquête menée dans la ville par l’Office National de l’Hydraulique Rurale (ONHR), avec l’appui du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

    L’opération, prévue du 19 août au 30 septembre 2026, vise à identifier et recenser les forages manuels et mécaniques existant dans les différents quartiers et localités de Bunia, mais aussi à évaluer leur état, leur fonctionnement et le potentiel des ressources en eau souterraine.

    Pour René Lwanda, directeur provincial de l’ONHR en Ituri, l’enquête permettra notamment de disposer de données actualisées sur les ouvrages hydrauliques de la ville.

    « Cette opération vise à identifier et répertorier les forages manuels et mécaniques existants, recueillir les informations techniques relatives à chaque ouvrage et vérifier l’état et le fonctionnement des ouvrages hydrauliques », explique-t-il.

    Les équipes de l’ONHR chercheront également à identifier les différents acteurs ayant réalisé ou exploité ces ouvrages. Des informations qui doivent contribuer à une meilleure gestion des infrastructures hydrauliques.

    898 ouvrages recensés en 2023

    Cette opération intervient après une première enquête réalisée par l’ONHR en 2023, qui avait permis de répertorier 898 ouvrages dans la ville de Bunia.

    La nouvelle enquête doit permettre de mettre à jour ces données, mais surtout d’aller plus loin en évaluant le potentiel des ressources en eau souterraine, aussi bien en termes de quantité que de qualité.

    Papa Amadou, responsable du département Eau et Habitat au CICR Bunia, explique que cette opération s’inscrit dans un projet plus large d’amélioration de l’accès à l’eau potable dans la ville.

    « Cette enquête vise à évaluer le potentiel des ressources en eau de la ville de Bunia, tant en quantité qu’en qualité, à partir des données recueillies sur les forages existants », indique-t-il.

    Des prélèvements pour évaluer l’eau

    Sur le terrain, les enquêteurs administreront un questionnaire aux responsables des ouvrages et procéderont, avec leur consentement, à des prélèvements destinés à évaluer certains paramètres physiques de l’eau.

    L’ONHR veut également vérifier l’état et le fonctionnement des différents ouvrages et identifier ceux qui nécessitent un meilleur suivi ou une intervention.

    « L’objectif est de constituer une base de données provinciale des ouvrages hydrauliques afin d’améliorer leur suivi, leur encadrement et leur maintenance », précise René Lwanda.

    Les propriétaires, gestionnaires, organisations, entreprises, associations et autres responsables des forages sont ainsi appelés à collaborer avec les équipes d’enquête.

    Une enquête liée à un projet plus vaste

    Pour le CICR, l’enquête ne constitue qu’une étape d’un projet visant à améliorer l’approvisionnement de Bunia en eau potable.

    Les études techniques réalisées et finalisées en 2022 avaient notamment retenu l’augmentation de la production d’eau à partir de la rivière Nyamukau, exploitée par la REGIDESO. Cette première phase pourrait permettre d’élargir considérablement la population desservie par le réseau.

    Une deuxième perspective consiste à étudier la possibilité d’alimenter, à travers un réseau centralisé, les populations qui ne seraient pas couvertes. Cette option nécessite une meilleure connaissance des ressources en eau souterraine disponibles dans la ville.

    « C’est dans le cadre de ces recherches que le CICR, en collaboration avec l’ONHR, organise une enquête sur les forages d’eau réalisés dans la ville de Bunia », souligne Papa Amadou.

    Les résultats attendus

    Plusieurs équipes procéderont simultanément à la visite des forages dans les ménages et sur des sites publics, avec le consentement des personnes responsables des ouvrages.

    Les données recueillies devraient permettre de mieux déterminer le potentiel hydrique de Bunia et d’orienter les prochaines étapes du projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable.

    Le CICR rappelle cependant que cette enquête ne suffit pas, à elle seule, à résoudre la question de l’approvisionnement en eau de la ville. La réalisation du projet nécessitera encore des moyens financiers importants ainsi que la mobilisation de plusieurs acteurs étatiques et paraétatiques.

    Dans le contexte de l’épidémie de maladie à virus Ebola, des mesures de prévention seront appliquées durant les opérations afin de limiter les risques de propagation de la maladie.

    À l’issue de cette enquête, une question essentielle devrait donc trouver davantage d’éléments de réponse : quelles sont réellement les ressources en eau souterraine de Bunia et peuvent-elles contribuer durablement à fournir une eau potable et permanente à sa population ?

     

    Joël Wells

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