L’inquiétude grandit au site des déplacés de Kigonze, situé dans le quartier Mudzi-Pela, en ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, après l’enregistrement de plusieurs décès en l’espace de quelques jours.
Selon Olivier Karba, communicateur de l’Association des Déplacés et Victimes de Guerre, au moins quatre décès ont été enregistrés le vendredi 19 juin 2026 sur ce site. S’exprimant sur les ondes de Canal Révélation, il a indiqué que ces cas seraient suspectés d’être liés à la maladie à virus Ebola, à la suite du passage des équipes de riposte sur le terrain.
Inquiet, il a appelé les personnes déplacées vivant dans les différents sites de la province à faire preuve d’une vigilance accrue et à respecter strictement les mesures de prévention contre Ebola. Selon les derniers chiffres qu’il a communiqué, le chiffre serait porté maintenant à 15 décès.
Cette alerte intervient au lendemain d’un appel similaire lancé par la société civile de la chefferie des Bahema-Nord, dont plusieurs ressortissants sont hébergés au site de Kigonze.
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Par ailleurs, le directeur de la Caritas du diocèse de Bunia, l’abbé Justin Zanamuzi, a indiqué à l’Agence Congolaise de Presse (ACP) que dix décès suspects ont été enregistrés en l’espace de 48 heures sur ce même site.
« Les statistiques récentes confirment l’accélération de la crise : sept décès ont été enregistrés le 17 juin 2026, suivis de trois autres le 18 juin, soit un total de dix décès en quarante-huit heures sur le seul site de Kigonze », a-t-il déclaré.
Selon lui, la situation est particulièrement préoccupante en raison de la forte promiscuité qui caractérise ce site de déplacés.
« La forte concentration de personnes sur le site, combinée au non-respect de certaines mesures sanitaires lors de la manipulation des dépouilles, fait peser un risque important de propagation de la maladie. L’absence de mesures barrières autour des corps conservés dans une morgue de fortune aggrave davantage la situation », a-t-il expliqué.
L’abbé Justin Zanamuzi a toutefois précisé que les causes exactes de ces décès ne sont pas encore officiellement établies. Il évoque notamment la réticence de certaines familles à autoriser les prélèvements post-mortem sollicités par les équipes de riposte, ce qui complique les investigations sanitaires.
Le responsable de la Caritas a également attiré l’attention sur les risques encourus par les occupants du site de déplacés de l’ISP de Bunia, qui pourrait également être exposé à une propagation de la maladie en cas de relâchement dans l’application des mesures préventives.
Il a enfin appelé les populations déplacées à collaborer avec les équipes médicales afin de faciliter les enquêtes épidémiologiques, le suivi des contacts et la mise en œuvre des actions de prévention.
Bienvenu Kasima

