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    À travers des Tribunes d’expression populaire organisées à Shari et Mbunya, des habitants ont exposé leurs préoccupations, leurs craintes et leurs propositions face à la persistance de l’épidémie.

    La lutte contre la maladie à virus Ebola ne se limite pas aux structures de santé. À Bunia, l’écoute de la population apparaît également comme un élément important pour comprendre les résistances, les rumeurs et les difficultés qui compliquent la réponse à l’épidémie.

    C’est dans cette optique que l’ONU Femmes et ses partenaires, notamment ACIAR, COMEN, AMAB, Yme Grand Lac, CAFED et IFEDD, ont organisé des tribunes d’éxpression populaire dans les communes de Shari et Mbunya, dans la ville de Bunia.

    L’objectif était simple : écouter la population, recueillir ses doléances, ses questions et ses propositions afin de disposer d’éléments pour des plaidoyers auprès des autorités et des acteurs concernés.

    « Nous sommes venus écouter la population »

    Sur le terrain, les participants n’ont pas seulement reçu des messages de sensibilisation. Ils ont aussi eu l’occasion de faire entendre leur voix sur les difficultés rencontrées dans leurs communautés.

    Benjamin Balinda, chef du quartier Mudzipela, s’est réjoui de la tenue de cette activité. Il dit avoir pris l’engagement de poursuivre la sensibilisation auprès des chefs d’avenues, des responsables de dix maisons et de la population.

    Mais il relève également une difficulté très concrète : le manque de mégaphones pour atteindre davantage de personnes.

    Pour Julienne Kakasi, de l’Association des femmes pour le développement (CAFED), la sensibilisation doit se poursuivre malgré l’insécurité et l’épidémie.

    « Nous sommes descendues pour sensibiliser nos familles, nos enfants », explique-t-elle, insistant également sur la nécessité de rester à l’écoute des communautés.

    Des doléances sur la prise en charge et les rumeurs

    L’Association des Mamans Anti Bwaki (AMAB), partenaire de l’ONU Femmes, a également pris part à ces échanges.

    Selon Béatrice Dive, coordonnatrice de l’AMAB, les habitants ont notamment été invités à expliquer pourquoi Ebola continue de circuler et ce qui pourrait être fait pour mettre fin à l’épidémie.

    Plusieurs doléances ont été recueillies. Certains participants ont notamment affirmé que des malades se cacheraient encore dans la communauté et ont formulé des propositions pour améliorer la situation.

    Du côté de l’ACIAR, Honoré Asimwe estime que l’objectif de la tribune a été atteint. La population, selon lui, a répondu présente et a partagé sa perception de la maladie.

    Parmi les préoccupations exprimées figurent les rumeurs, mais aussi certaines perceptions communautaires autour d’Ebola.

    D’autres critiques concernent la prise en charge dans les structures sanitaires. Certains habitants estiment que plusieurs maladies ou symptômes seraient systématiquement assimilés à Ebola.

    Ces préoccupations, souligne Honoré Asimwe, coordonnateur de l’ACIAR, doivent désormais être remontées afin d’alimenter les plaidoyers auprès des acteurs concernés.

    Comprendre avant de convaincre

    À Bunia, les perceptions et les comportements liés à Ebola restent préoccupants. Certaines personnes minimisent les mesures de prévention, hésitent à recourir aux soins ou entretiennent une certaine méfiance envers les prestataires de santé et les équipes impliquées dans la riposte.

    Pour les organisateurs, ces attitudes ne peuvent pas être expliquées uniquement par un manque d’information.

    La peur, les rumeurs, les expériences antérieures, la perception du risque, le manque de confiance, les difficultés d’accès aux services, les expériences négatives, la stigmatisation ou encore l’influence des leaders communautaires peuvent également peser sur les comportements.

    D’où l’importance de créer des espaces où les différentes composantes de la société peuvent échanger directement avec les autorités, les prestataires de santé et les équipes de riposte.

    Les femmes, les jeunes et les leaders au centre du dialogue

    Ces tribunes d’expression populaire visent ainsi à favoriser un dialogue participatif autour de la maladie à virus Ebola.

    Il s’agit notamment d’identifier les préoccupations et les rumeurs qui circulent dans la communauté, de comprendre les facteurs à l’origine des résistances et des tensions, mais aussi de permettre aux acteurs sanitaires d’apporter des réponses transparentes aux préoccupations exprimées.

    Les échanges doivent également permettre d’identifier, avec les communautés, des solutions réalistes pour renforcer la confiance, favoriser le recours précoce aux soins et améliorer la collaboration avec les services sanitaires.

    Une attention particulière est accordée à la participation des femmes, des jeunes ainsi qu’aux leaders communautaires et religieux, appelés à jouer un rôle dans la sensibilisation et l’engagement communautaire.

    À travers ces tribunes, l’ONU Femmes et ses partenaires veulent donc faire de la population non seulement une cible de sensibilisation, mais aussi un acteur du dialogue et de la réponse à Ebola.

     

    Verite Johnson

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