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    Affiche à l’entrée de la salle CECA20
    ©Photo Ir. Christian SHAURI

    Les élus du territoire d’Irumu n’ont pas apprécié la présence dans la salle des délégués « Banyabwisha », ces personnes d’expression rwandaise qui seraient venus du Nord-Kivu et qui se sont installées dans trois chefferies du Sud Irumu, notamment Bahema Boga, Bahema Mitego et Banyali Tchabi mais dont la présence a toujours été décriée par les communautés de l’Ituri.
    « Nous avons exigé que seules les populations reconnues sur la carte ethnolinguistique du sud Irumu se retrouvent dans cette salle pour examiner la question de l’insécurité dans cette contrée. Nous ne pouvions pas nous mettre sur une même table avec des gens dont nous avons toujours demandé la relocalisation » a déclaré à buniaactualite.com l’honorable Dudanga Kavarios, un des porte-paroles du Caucus des parlementaires de l’Ituri.
    Cette position est largement soutenue par l’Union des associations culturelles et de développement de l’Ituri, UNADI en sigle, structure qui regroupe toutes les communautés originaires de la province. Claudine NZENI, sa présidente, a même condamné le fait que les organisateurs de cette rencontre aient osé inviter ces personnes.
    « On ne peut accepter de dialoguer avec des gens aux origines inconnues, leur présence gène. Depuis quand ils sont comptés parmi les communautés de l’Ituri ? Les organisateurs n’auraient pas dû les inviter », a affirmé Madame Nzeni, sur un ton ferme.
    Même le chef de la chefferie Bahema Mitego, l’une de ces contrées qui abrite les banyabwisha, Radaaba Kituku II, n’a pas lui aussi apprécié leur présence dans la salle.
    « Je venais d’arriver et j’ai appris qu’ils sont invités, c’est aux organisateurs qu’il faut poser la question », nous a-t-il soufflé.
    Un des représentants des Banyabwisha, Bernard Habimana interrogé alors qu’ils sortaient de la salle sur demande des organisateurs, n’a pas condamné cet acte qu’il qualifie de « normal ».
    « Nous ne trouvons pas du mal qu’on nous demande de laisser les gens se parler entre eux, dans leur cuisine interne. Nous pourrons toujours revenir au cas où ils auront besoin de nous », a-t-il laissé entendre, affirmant cependant qu’il n’y a pas de doute sur leur identité. « Nous sommes des Congolais », a-t-il soutenu sans donner plus de détails.
    Coté STAREC-ISSS, la structure gouvernementale qui exécute le projet, en collaboration avec l’ONG Appui à la Communication Interculturelle et à l’Autopromotion Rurale, ACIAR en sigle, on appelle à l’apaisement. Jean-Marc MAZIO, un des organisateurs, qui n’a pas voulu s’exprimer sur la question, a tenu à rassurer que la situation est revenue à la normale après que les “banyabwisha” aient été priés de quitter la sale.
    Ouverte ce mardi 17 octobre dans la salle polyvalente de la paroisse francophone de la communauté chrétienne CECA 20, au centre-ville de Bunia, cette session dite de leadership cohésif « devra permettre aux différentes personnalités, qui ont une certaine influence dans la zone, d’être consultées et de donner leur contribution pour ramener la sécurité et la paix dans cette zone du sud Irumu, victime de l’activisme des miliciens FRPI depuis plus d’une dizaine d’années» , précisent les termes de référence (TDR) élaboré à cet effet.
    Luc Malembe

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