Dans une interview accordée à Buniaactualite.cd, le conseiller communal Bahata Mangaga pointe deux défis majeurs entravant le développement et la vie quotidienne des populations : des services de télécommunication « déficients » et une situation « sécuritaire qui se dégrade » à nouveau.
Le conseiller s’est exprimé sans détour sur des problématiques qui exaspèrent ses concitoyens, appelant à une action urgente des opérateurs privés et des autorités publiques.
La première cible de l’élu est la qualité du service des opérateurs de téléphonie mobile, dont Vodacom, Orange et Airtel. Mangaga dénonce une pratique courante de l’achat de forfaits internet qui deviennent inutilisables à cause d’une connexion notoirement faible et instable.
« Vous achetez des gigas pour 48 h, mais dans les faits, tout est consommé ou expiré en 24 h à cause des coupures. La connexion est purement théorique », explique-t-il. Il s’interroge avec amertume sur le sort de l’argent des abonnés. « Où part notre argent ? Quand l’opérateur récupère un crédit non utilisé, pour le revendre ensuite, on a l’impression d’être volés. »
Face à cette situation, le conseiller presse les entreprises concernées d’investir pour « arranger leur réseau ». Il en appelle également au gouvernement provincial pour exiger des comptes. « Il faut interpeller ces opérateurs. On ne peut pas laisser faire cela sans réaction, au risque que nos autorités soient perçues comme complices par la population. »
Le second sujet d’alarme de Bahata Mangaga est la reprise apparente des violences dans le territoire de Djugu. Après une période d’accalmie qui laissait espérer un retour des déplacés, les bruits d’armes se font de nouveau entendre.
« Nous demandions si les conditions sécuritaires étaient réunies pour le retour de nos frères déplacés. Aujourd’hui, malheureusement, on constate que les hostilités reprennent. Ça commence à tirer dans certains secteurs de Djugu », déplore-t-il.
Son appel est donc lancé aux services de sécurité de l’État. « Nous demandons à nos FARDC de bouter hors d’état de nuire ceux qui font endurer la population. Cette situation n’est pas bonne et compromet tous les efforts de stabilisation », insiste-t-il.
Par ce double cri d’alarme, Bahata Mangaga place clairement la responsabilité et l’attente des solutions entre les mains des opérateurs télécoms d’une part, et du gouvernement provincial d’autre part.
D’un côté, les sociétés de télécommunications doivent rendre des comptes sur la gestion technique et commerciale de leurs réseaux, exigeant transparence et investissement. De l’autre, il appelle le Gouverneur et son administration à jouer pleinement leur rôle de régulateur et de protecteur : réguler le secteur des télécoms pour protéger les consommateurs et garantir la sécurité des personnes dans le territoire de Djugu.
La pression est désormais officiellement enclenchée. La population, selon les mots du conseiller, « est en train de se faire voler » aussi bien par des services payants non fournis que par une insécurité qui persiste. L’inaction n’est plus une option. L’attente est maintenant tournée vers les réponses concrètes que devront apporter les opérateurs économiques et les autorités publiques à ces alertes solennelles.
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