Le projet d’autonomisation socioéconomique et de renforcement du leadership des femmes dans la ville de Bunia et ses environs, financé par l’Union européenne à travers Enabel et mis en œuvre par Caritas Développement, a connu son point culminant ce mardi 9 décembre 2025.
La cérémonie marquait la fin de six mois de formation professionnelle, technique et non technique, suivie de la remise officielle de brevets à 391 lauréats, dont 310 femmes, sur un total de 450 bénéficiaires.
Une cérémonie déroulée en présence de Docteur Jeanne Alasha, représentant le gouverneur de province. Les apprenants ont été formés dans plusieurs centres partenaires dans des domaines variés : coupe et couture, pâtisserie, mécanique, conduite automobile, maroquinerie, informatique, décoration, peinture, savonnerie et d’autres filières pratiques visant leur insertion professionnelle.
Un moment de joie, mais aussi d’émotion
Prenant la parole au nom des apprenants, Abigael Safi, formée en coupe et couture, a exprimé sa gratitude envers les formateurs et les partenaires du projet. Son intervention a été marquée par un moment de recueillement, alors qu’elle a évoqué la perte d’une collègue décédée peu après le jury final. En hommage, elle a demandé à l’assemblée d’observer une minute de silence.
« Merci à tous. Vous avez cru en nous lorsque nous doutions de nous-mêmes. Aujourd’hui, nous tournons une page, mais ce n’est pas la fin : c’est le début d’une nouvelle histoire, écrite avec nos sacrifices », a-t-elle déclaré.
Une autre participante a, elle aussi, salué l’engagement des formateurs : « Nous avons travaillé avec sérieux. Lorsqu’un jeune développe un bon leadership, il devient un acteur de développement et de paix. La formation se termine, mais le travail continue. Gardons vivante la flamme de l’entrepreneuriat. »
Françoise, directrice de CAGEG, s’est exprimée au nom des centres de formation, entourée de plusieurs directeurs. Elle a rappelé l’implication des équipes qui ont accompagné les jeunes durant six mois. Elle a toutefois relevé plusieurs défis à prendre en compte pour les prochaines cohortes, notamment le manque de salles de formation et la nécessité d’appuyer la construction ou la réhabilitation d’infrastructures.
Elle a également plaidé pour l’extension des formations à Djugu et Irumu, où de nombreux jeunes ont manifesté leur intérêt, ainsi que pour un allègement fiscal afin d’éviter que les nouveaux entrepreneurs ne soient écrasés par certaines taxes dès l’ouverture de leurs activités.
Caritas et Enabel félicitent les lauréats
Le directeur général de Caritas Développement a exprimé sa satisfaction : « Clôturer cette étape est une immense joie. Votre certificat n’est pas qu’un papier : c’est un symbole d’espoir et la reconnaissance officielle de vos compétences. À nos formateurs, merci d’avoir été des mentors. À nos partenaires, merci de croire en cette mission. »
Ce programme s’inscrit dans le cadre du projet “Unis pour l’égalité de genre” d’Enabel. La cérémonie coïncidait avec la fin des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes, un rappel symbolique selon Caritas Bunia : « Une femme autonome est plus forte pour dire non aux violences. »
Du côté d’Enabel, la joie était également palpable :« Aujourd’hui, nous célébrons 450 bénéficiaires. Ce certificat n’est pas un papier, mais un engagement. Soyons fiers de nous, que ce soit au Kasaï, au Sud-Kivu ou ici en Ituri. Avec Caritas, nous veillerons à ce que chacun d’entre vous trouve un stage. Votre courage fera la différence. Nous vous accompagnerons jusqu’à ce que vous deveniez des acteurs de changement. »

Le directeur provincial de la formation professionnelle a, lui aussi, salué l’Union européenne, Enabel et Caritas pour ce projet qui, selon lui, s’inscrit dans la dynamique observée dans les pays qui ont bâti leur développement sur la formation technique et professionnelle.
S’adressant aux lauréats, il a conclu : « Vous êtes désormais des personnes transformées. » La cérémonie s’est clôturée par un sketch de sensibilisation présenté par un groupe théâtral, en lien avec le thème provincial des 16 jours d’activisme : « Non à la banalisation et à l’impunité des violences numériques faites aux femmes et aux filles ».
Verite Johnson

