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    Depuis dimanche matin, le site de déplacés de Kigonze, dans le quartier Mudzipela à Bunia, est sous bouclage sécuritaire, rapportent des sources concordantes.  

    Le déploiement des forces de l’ordre répond, selon les autorités, à des suspicions de présence, parmi les déplacés, d’éléments du groupe armé Convention pour la Révolution Populaire (CRP), fidèles à Thomas Lubanga. Cette opération suscite une vive tension et un sentiment de panique au sein du camp.

    Un nouveau bouclage motivé par des craintes de sécurité

    Il y a quelque temps, les services de sécurité ont affirmé disposer d’informations faisant état de la présence possible de miliciens de la CRP parmi les personnes déplacées.

    L’opération vise à identifier ces suspects, démanteler d’éventuels réseaux de soutien à la milice et saisir des armes clandestines, à en croire les autorités. Dans le passé, des opérations similaires avaient conduit à des arrestations importantes dans le camp. Plusieurs dizaines de personnes avaient été interpellées en novembre dernier, après celle d’un présumé porte-parole de la CRP.

    Selon des sources sur place, l’intervention de ce dimanche matin a généré de la panique. Certains déplacés auraient fui les lieux, d’autres craignent des arrestations arbitraires.

    Le site de Kigonze, comme d’autres camps de déplacés en Ituri, accueille des populations déplacées par les violences causées par l’insécurité imposée par des groupes armés depuis fin 2017 en Ituri. Plusieurs d’entre elles avaient déjà dénoncé des conditions particulièrement précaires, manque d’assistance, insalubrité, insécurité.

    Dans ce contexte, les opérations de bouclage sont perçues avec inquiétude par les déplacés. Pour beaucoup, ces interventions, tout en visant la sécurité, risquent aussi de stigmatiser l’ensemble des habitants du camp et d’accroître la peur.

    Les défis humanitaires et sécuritaires

    D’un côté, les autorités se défendent d’agir pour rétablir la sécurité et empêcher que des combattants ne profitent de la vulnérabilité des déplacés pour se fondre dans la population, une inquiétude déjà exprimée dans le cadre des opérations contre la CRP.

    De l’autre, des voix s’élèvent pour appeler à la prudence. Un camp de déplacés devrait, selon les principes humanitaires, bénéficier d’un statut de protection.

    Toute opération de ce type nécessite transparence, respect des droits et garanties pour les civils, afin d’éviter d’exposer davantage des populations déjà fragilisées.

    Rédaction

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