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    À Bunia, la réhabilitation du terrain de basketball local ne fait pas que des heureux. Autrefois libre d’accès, cet espace est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique. Entre la nécessité de protéger les nouvelles infrastructures et le sentiment d’exclusion d’une jeunesse passionnée, le débat sur l’accès au sport est totalement relancé.

    D’un côté, les joueurs revendiquent leur droit de s’entraîner chaque jour, considérant cet accès comme un besoin fondamental.

    De l’autre, l’administration cherche à structurer la pratique. Éric Mboyo, président de l’Entente de basketball de Bunia, a clarifié la situation lors d’un échange avec buniaactualite.cd

    « Le terrain est ouvert à tout le monde, mais il faut respecter les règles mises en place pour protéger ce patrimoine récemment amélioré. On a simplement mis de l’ordre pour garder ce terrain ».

    Dans les faits, l’organisation actuelle prévoit des créneaux pour trois clubs dépourvus d’installations les lundis, mardis et mercredis, contre une participation de 5 dollars mensuels par club. Pour les jeunes joueurs indépendants, l’accès est possible le vendredi soir et le samedi matin, moyennant une cotisation de 20 dollars par mois.

    Cependant, ces frais et ces horaires ne passent pas pour tout le monde. Certains jeunes n’hésitent plus à escalader la clôture pour jouer, un comportement que les autorités jugent dangereux et passible de sanctions. Éric Mboyo insiste : cet argent ne sert pas à s’enrichir, mais couvre uniquement les frais de gardiennage et l’entretien du site.

    Pour une partie de la jeunesse, la pilule est amère. Beaucoup estiment que le basketball devrait rester un levier de cohésion sociale accessible à tous, et non un luxe réservé à ceux qui peuvent payer.

    La complexité de la situation est parfaitement illustrée par le témoignage d’un habitué du terrain, pris en faute après avoir franchi la clôture : « Moi ce que je peux dire… je sais pas personnellement ce qui m’est arrivé parce que c’était vraiment émotionnel. J’étais de passage et je me suis retrouver, j’ai trouvé les autres là, ils m’ont dit de franchir et puis moi aussi je les ai suivis. Mais ce que je peux dire aux autres, c’est qu’on peut essayer de corriger mon erreur. Ça fait partie des erreurs parce que le terrain est notre bien, à nous les jeunes. On va essayer un peu de corriger avec l’entente aussi, ça sera vraiment une bonne chose. »

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    Plus qu’une simple surface goudronnée, ce terrain demeure un symbole fort pour la communauté de Bunia : un lieu de rencontre, d’amitié et de solidarité qu’il faudra bien finir par partager sereinement.

    Grâce Kasemire

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