L’attaque par drones kamikazes contre l’aéroport international de Bangboka, à Kisangani, dans la nuit du 31 janvier au 1er février, continue de susciter des interrogations et des révélations.
Dans son rapport mensuel publié le 19 février, Ebuteli, institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence en RDC, apporte un élément technique majeur : le modèle de drone utilisé, le YIHA-III, ne pourrait être lancé qu’à moins de 300 kilomètres de sa cible, soit hors de la zone contrôlée par l’AFC/M23.
Selon des sources sécuritaires citées dans le rapport, aucun des engins n’aurait causé de dégâts sur les installations des FARDC et de leurs alliés à l’aéroport. Les attaques ont été revendiquées par la rébellion de l’AFC/M23, qui affirme avoir visé le centre de commandement des drones de l’armée congolaise. Toutefois, l’analyse technique avancée par Ebuteli introduit un doute sur le lieu de lancement possible de ces appareils.
Cette attaque est intervenue alors que les négociations entre l’AFC/M23 et le gouvernement congolais reprenaient timidement dans le cadre du processus de Doha, ajoutant une dimension politique sensible à l’événement.
Intensification des offensives aériennes en janvier
Le rapport met également en lumière une montée en puissance des frappes aériennes au cours du mois de janvier.
Le 2 janvier, les FARDC ont mené une frappe par drone contre des combattants du M23 au village de Masisi, dans le territoire du même nom. Le bilan fait état de sept civils tués et de 40 blessés. Les installations de War Child, organisation humanitaire internationale qui soutient les enfants et familles affectés par le conflit armé, ont également été touchées.
Le 14 janvier, au quartier Kalundu, en ville d’Uvira, une autre frappe aérienne par drone kamikaze des FARDC a détruit un hôtel où se tenait une réunion du M23. Le bilan pourrait s’élever à plusieurs dizaines de victimes parmi les civils, les combattants et les cadres du M23.
Dans le territoire de Walikale, les FARDC ont poursuivi leurs opérations aériennes. Le 22 janvier, des frappes ont détruit les positions de l’AFC/M23 à Buleusa. Le lendemain, d’autres frappes ont ciblé et détruit les bases logistiques de la rébellion dans les villages de Mpeti et Mindjendje, situés à 18 kilomètres de Pinga.
Le Baromètre sécuritaire du Kivu est un projet d’Ebuteli qui documente et cartographie les incidents de violence dans l’est du Congo depuis 2017.
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