La chefferie des Otso, dans le territoire d’Aru, au nord de l’Ituri, est de nouveau confrontée à des violences entre habitants de villages voisins. Plusieurs maisons ont été incendiées et détruites mercredi 14 octobre 2026 à Ediofe, lors de tensions avec le village d’Omoli Lio. Un jeune homme a également été grièvement blessé dans les incidents qui ont précédé cette nouvelle escalade.
Selon les informations recueillies auprès de sources locales, les violences seraient liées à une tentative de vol de chèvres survenue dans le village d’Ediofe.
D’après Adriko Ken, président du conseil de la jeunesse de la chefferie des Otso, des individus se seraient introduits, dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 octobre, dans l’habitation d’un habitant identifié sous le nom de Maïsha, avec l’intention de dérober des chèvres.
Le propriétaire, qui aurait poursuivi les suspects avec son épouse, aurait été agressé à l’arme blanche. Grièvement blessé, il a été conduit à l’Hôpital général de référence d’Aru Ania pour recevoir des soins.
Cet incident aurait provoqué de premières tensions entre les habitants d’Ediofe et ceux d’Omoli Lio. Une intervention locale aurait permis de contenir les réactions initiales, avant une nouvelle dégradation de la situation mercredi après-midi.
Selon une autre source locale, des habitants d’Omoli Lio auraient alors pris pour cible le village d’Ediofe, où plusieurs habitations construites en matériaux locaux ont été incendiées.
Le nombre exact de maisons détruites et l’ampleur des dégâts matériels restent à établir. Les responsabilités individuelles dans ces violences n’ont pas encore été déterminées.
Une chefferie déjà marquée par des conflits
Ces incidents ravivent les préoccupations sécuritaires dans la chefferie des Otso, déjà confrontée ces derniers mois à des différends communautaires ayant entraîné des destructions d’habitations.
En janvier 2026, Buniaactualite.cd avait notamment rapporté la conclusion d’un accord de paix entre les clans Paandi, Ayua et Vulo, à l’issue d’un conflit foncier autour de la colline Andruvu. Ce différend avait dégénéré en violences et provoqué l’incendie de plusieurs maisons avant l’intervention d’une médiation locale.
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Les nouveaux événements d’Ediofe et d’Omoli Lio ne sont toutefois pas présentés comme une reprise de ce conflit foncier. Ils illustrent plutôt la persistance de tensions locales susceptibles de dégénérer rapidement en violences contre les personnes et leurs habitations.
La problématique dépasse également les limites de la chefferie des Otso. En septembre dernier, notre rédaction avait documenté des violences entre Nyoro et Nyori-Djambara, dans la chefferie voisine des Zaki, avec plus d’une centaine de maisons incendiées selon un bilan provisoire recueilli auprès d’une source policière.
Appel au renforcement de la sécurité
Face aux nouveaux incidents d’Ediofe, Adriko Ken appelle les habitants des deux villages à renoncer aux représailles et à privilégier le dialogue.
Le président du conseil de la jeunesse sollicite également le renforcement de la présence des services de sécurité afin de protéger les populations et de prévenir de nouvelles confrontations.
Il invite les responsables locaux à s’impliquer dans l’apaisement des tensions, tout en rappelant que les auteurs des violences doivent répondre individuellement de leurs actes devant la justice.
De leur côté, les victimes demandent une intervention urgente des autorités ainsi qu’une assistance aux ménages ayant perdu leurs habitations.
À ce stade, aucun bilan matériel consolidé ni compte rendu officiel d’une intervention sécuritaire n’a été communiqué concernant ces derniers incidents.
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