Le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) exprime une vive inquiétude suite à l’arrestation et à la détention de deux de ses militants, Jedidia Mabela et Zackarie Kingombe, à Kisangani, dans la province de la Tshopo.
Ces interpellations surviennent dans un contexte de tensions autour de la gouvernance dans la province de la Tshopo, soulevant de sérieuses questions sur le respect de l’État de droit et de la liberté d’expression en République Démocratique du Congo.
Des arrestations qualifiées d’« arbitraires » par la LUCHA. Selon un communiqué de presse du mouvement, l’arrestation de Jedidia Mabela a eu lieu le 1er octobre 2025. Après avoir été conduit au parquet général de Kisangani pour audition, il a été transféré à la prison centrale.
Le même jour, il aurait été déféré devant le Tribunal de paix de Kisangani/Makiso sous des accusations qualifiées de « fallacieuses » par la LUCHA, notamment d’imputations dommageables et de propagation de faux bruits. Ces plaintes émaneraient de l’entourage du gouverneur de la province de la Tshopo, Monsieur Paulin Lendongolia.
L’inquiétude s’est intensifiée avec l’enlèvement, le 2 octobre, de Zackarie Kingombe par « six hommes armés », sans que son lieu de détention ou les motifs de son interpellation ne soient communiqués. La LUCHA alerte également sur une « vague d’arrestations arbitraires » qui contraint d’autres militants à vivre désormais cachés.
Jedidia Mabela et Zackarie Kingombe avaient activement participé à un sit-in pacifique organisé le 30 septembre devant l’Assemblée provinciale.
L’objectif de ce rassemblement était de dénoncer la « mauvaise gestion des ressources publiques » par le gouvernement provincial et d’exiger un « contrôle parlementaire rigoureux ». La LUCHA dénonce le fait que ce rassemblement, pourtant pacifique, ait été « brutalement réprimé », faisant plusieurs blessés.
Le mouvement met en évidence le contraste entre les dépenses jugées opaques des fonds publics, citant l’exemple récent d’un double concert festif de l’artiste Rebo Chulo, et le manque criant de services de base pour la population : électricité, eau potable ou routes. Une situation qui, selon la LUCHA, dénote un manque de « priorité et d’éthique ».
Rédaction

