Vers une réparation des victimes dans l’affaire Bosco Ntaganda. Mais d’abord, ils devront se faire identifier ! Raison de la présence d’une délégation de la CPI à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, avec à sa tête Margo Tedesco, responsable de la section de l’information publique à cette cour. Sur place, des journalistes de certains médias ont été outillés le samedi 26 octobre 2024 sur les décisions de réparation dans cette affaire.
Le verdict rendu par la Chambre d’appel de la CPI le 30 mars 2021 a reconnu Bosco Ntaganda, ancien chef adjoint de l’état-major général, responsable des opérations militaires des Forces patriotiques pour la libération du Congo, coupable de 18 chefs d’accusation de crime de guerre et de crime contre l’humanité.
La Chambre de première instance 2 de la CPI estime le nombre approximatif de ces victimes éligibles à la réparation à plus de 10 mille personnes. Elle évalue en effet à plus de 31 millions de dollars américains la responsabilité de Ntaganda.
Par ailleurs, ces réparations prendront la forme de service, elles seront « collectives avec des éléments individualisés », a fait savoir Margot Tedesco à buniaactualite.cd. Cela avec l’objectif de « reconstituer la cohésion sociale », a-t-elle insisté.
Une campagne de communication en vue de la sensibilisation des victimes est déjà lancée par l’information publique de la Cour pénale internationale. C’est pour leur permettre de comprendre « qui a le droit à la réparation, qui peut être éligible à ces réparations, et comment en faire la demande ».
L’identification des victimes s’étendra jusqu’à décembre de l’année 2025. C’est par ici que les médias joueront un rôle capital dans la sensibilisation des communautés.
Condamné à une peine totale de 30 d’emprisonnement, considéré indigent, c’est le Fonds au profit des victimes qui se chargera de la mobilisation des fonds pour la réparation.
La CPI est une juridiction pénale internationale permanente, avec 124 États partis. Elle juge des personnes accusées de crime de guerre, crime contre l’humanité, crime de génocide et crime d’agression. Le 14 octobre dernier, le bureau du Procureur annonçait une grande affaire. Désormais, il amorçait des enquêtes sur des crimes commis dans le Nord-Kivu depuis 2022, cela sur appel du gouvernement congolais.
Afoyogira Uyergiu

