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    Du 5 octobre au 5 novembre 2026, plusieurs localités de l’Ituri et du Nord-Kivu ont subi des attaques attribuées aux Forces démocratiques alliées (ADF), marquées par des assassinats de civils, des enlèvements, des incendies d’habitations et des déplacements de population. Cette succession de violences a culminé, dans la nuit du 5 au 6 novembre, avec le massacre d’au moins 35 civils, dont 17 enfants, à Cantine-Aloya, dans le territoire de Beni, selon le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST).

    Ce bilan de Cantine, rapporté notamment par plusieurs médias, fait également état de deux structures sanitaires, 17 habitations et 15 boutiques incendiées. Sept personnes prises en otage auraient été relâchées.

    Les premiers bilans communiqués vendredi 6 novembre variaient entre 24 et 35 morts, en fonction des sources et de l’avancement des recherches. Le bilan définitif reste à établir.

    Au-delà de cette attaque, l’examen des incidents documentés par buniaactualite.cd durant le mois écoulé révèle la persistance des violences contre les civils dans les territoires de Mambasa et d’Irumu, en Ituri, ainsi que dans ceux de Lubero et de Beni, au Nord-Kivu.

    En Ituri, Mambasa particulièrement touché

    Dès le 5 octobre, des violences attribuées aux ADF étaient signalées dans la chefferie de Basili, territoire d’Irumu. À Bagalaba, plusieurs habitations avaient été incendiées, selon des sources locales.

    Le 6 octobre, trois enfants ont péri dans le naufrage d’une pirogue sur la rivière Ituri alors que leurs familles fuyaient cette insécurité. Ces décès ne résultaient pas directement d’une attaque armée, mais illustrent les risques auxquels sont exposées les populations contraintes de se déplacer.

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    Le lendemain, 7 octobre, deux civils, dont un membre d’une communauté autochtone, ont été tués à Longela, dans le territoire de Mambasa. Une habitation a également été incendiée, selon la Nouvelle Société civile congolaise (NSCC).

    À cette date, cette organisation évoquait déjà cinq incursions attribuées aux ADF depuis le début du mois d’octobre, avec onze morts parmi les civils. Ce décompte couvrait toutefois des événements antérieurs au 5 octobre et ne peut être entièrement intégré au bilan de la période examinée.

    Une nouvelle attaque meurtrière a été signalée dans la nuit du 15 au 16 octobre dans les carrés miniers de Makimbilio, Biasiko et Makamanda, situés dans le groupement Bakaheku, en chefferie des Babila-Babombi.

    Selon l’Association pour la paix et le développement de Mambasa (APDEF), dix personnes, dont une femme, ont été tuées. Ce bilan n’avait pas fait l’objet d’une confirmation officielle.

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    Dans le groupement voisin de Babila-Teturi, la société civile avait également signalé l’incendie d’une motocyclette à Mambei le 14 octobre et l’enlèvement de trois civils le lendemain.

    Le 23 octobre, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont repoussé une attaque attribuée aux ADF à Linzinza, près de Teturi. Deux assaillants auraient été tués et des armes récupérées. L’intervention n’a cependant pas empêché la fuite de plusieurs familles vers des localités voisines.

    Fin octobre, la menace s’étend vers Lubero

    À partir du 24 octobre, de nouveaux mouvements de combattants présumés ADF ont été signalés dans la zone frontalière entre Mambasa et le secteur de Bapere, dans le territoire de Lubero.

    Le 27 octobre, une première attaque a visé Makumo, dans le groupement Bapakombe. Selon la société civile locale, les assaillants ont été repoussés par les FARDC, appuyées par des combattants Wazalendo.

    Le lendemain, une nouvelle présence des hommes armés a été signalée dans cette localité. Le 30 octobre, Radio Okapi rapportait les inquiétudes de la société civile concernant la réinstallation présumée d’un bastion ADF à Makumo, après plusieurs mois d’accalmie.

    Ces violences ont provoqué de nouveaux déplacements vers Kambau, Njiapanda et d’autres localités considérées comme relativement sûres.

    Dans le territoire de Mambasa, une dizaine de civils auraient également été enlevés entre le 31 octobre et le 1er novembre dans plusieurs carrés miniers de la chefferie des Babila-Bakwanza, selon une alerte de l’APDEF.

    Le 2 novembre, près de 30 anciens otages des ADF ont retrouvé leurs familles à Mambasa. Certains avaient passé plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en captivité. Leur retour ne correspond donc pas uniquement aux enlèvements signalés les jours précédents.

    Début novembre, nouvelles attaques à Maikengu et Nyanza

    Le 3 novembre, le village de Maikengu, dans le secteur de Bapere, territoire de Lubero, a été attaqué par des hommes armés présentés comme des combattants ADF.

    Des habitations, des commerces et des pharmacies ont été incendiés. Des sources locales ont également signalé des morts, sans qu’un bilan humain fiable ait pu être établi.

    Deux jours plus tard, jeudi 5 novembre, une nouvelle incursion attribuée aux ADF a été signalée à Nyanza, dans le groupement Bakaheku, territoire de Mambasa.

    Selon Rams Malikidogo, responsable de l’APDEF à Mambasa, les assaillants auraient incendié plusieurs habitations et emmené des civils de force. Le nombre de personnes enlevées et l’étendue exacte des dégâts restent inconnus.

    Ces épisodes témoignent de la persistance de la menace dans les zones rurales et minières situées à la limite entre l’Ituri et le Nord-Kivu.

    Cantine, un nouveau massacre à l’issue de cette période

    Dans la nuit du 5 au 6 novembre, l’attaque de Cantine-Aloya a marqué une nouvelle aggravation de la situation dans le territoire de Beni.

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    Selon le KST, au moins 35 civils ont été tués, dont 17 enfants. Certaines victimes auraient été tuées à la machette ou auraient péri dans les incendies provoqués par les assaillants.

    Les destructions ont également touché des structures sanitaires, suscitant des préoccupations supplémentaires dans une région confrontée à l’épidémie d’Ebola.

    Une source locale rapporte que des patients, dont des cas suspects d’Ebola, ont quitté le centre de santé de Kelekele pendant l’attaque. Cette situation complique davantage la surveillance et la prise en charge sanitaire dans la zone.

    Les déplacements de population se sont poursuivis vers Mabalako et d’autres localités voisines, selon les informations locales.

    Quel bilan après un mois de violences ?

    Les informations recoupées permettent de documenter au moins douze civils tués dans deux attaques distinctes à Longela et dans les carrés miniers de Bakaheku, en Ituri, entre le 5 octobre et le 5 novembre.

    Ce chiffre ne constitue pas le bilan général de la période. Plusieurs autres attaques ont été signalées sans décompte fiable, tandis que des bilans globaux publiés au début du mois d’octobre comprennent des événements survenus avant la période examinée.

    Les données disponibles ne permettent donc pas d’établir avec certitude le nombre total de morts, de personnes enlevées ou d’habitations détruites durant ces 32 jours dans les deux provinces.

    Les conséquences humanitaires sont néanmoins visibles. Des familles déplacées, des activités agricoles et minières perturbées, des biens détruits et des populations exposées à de nouvelles incursions.

    Le rapport d’octobre 2026 de l’organisation d’investigation The Sentry relève par ailleurs la capacité d’adaptation des ADF, notamment leur recours aux revenus issus de l’exploitation et du commerce illicite de l’or. Selon cette enquête, la pression militaire aurait également contribué au déplacement de certains combattants vers des zones plus reculées de l’est congolais.

    Ces conclusions interrogent les stratégies de lutte contre le groupe armé, sans effacer les opérations menées sur le terrain par les FARDC et leurs partenaires ougandais, notamment les interventions ayant permis de repousser certaines attaques.

    Entre le 5 octobre et le 5 novembre, puis avec le massacre de Cantine dans la nuit suivante, la succession des violences rappelle surtout les difficultés persistantes de protection des civils dans les zones affectées par les ADF.

    L’établissement d’un bilan consolidé, la recherche des personnes disparues, la prise en charge des survivants et la sécurisation durable des villages restent des enjeux majeurs pour les autorités congolaises et leurs partenaires.

    Rédaction

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