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    La situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, continue de susciter une vive inquiétude au sein de l’opinion publique et des organisations citoyennes. Entre critiques de la stratégie militaire actuelle et appels à une mobilisation renforcée, les réactions se multiplient après la recrudescence des attaques attribuées aux rebelles des ADF.

    Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le Changement) dresse un constat sévère de l’évolution des opérations militaires menées par la coalition FARDC-UPDF. Selon cette organisation, le bilan humain, avec plus de 100 civils tués et environ 500 disparus en l’espace d’un mois, traduit un échec manifeste de la stratégie sécuritaire en cours.

    La LUCHA pointe notamment ce qu’elle qualifie de « stratégie de dispersion », estimant que les bombardements, censés neutraliser les assaillants, contribuent plutôt à leur dissémination dans les zones rurales. Cette dynamique rendrait les populations civiles encore plus vulnérables, transformant une menace localisée en une insécurité diffuse sur plusieurs axes du territoire.

    Face à ce qu’elle considère comme un enlisement, l’organisation appelle à des mesures radicales, notamment le remplacement des responsables militaires en poste depuis plusieurs années sans résultats probants. Pour elle, un renouvellement du commandement apparaît comme une condition indispensable pour inverser la tendance sur le terrain.

    Pendant ce temps, la réalité dans les zones affectées reste dramatique. Des centaines de maisons ont été incendiées, entraînant des déplacements massifs de populations, tandis que plusieurs axes routiers stratégiques, dont Mambasa-Nia-Nia et Mambasa-Komanda, sont devenus particulièrement dangereux.

    Dans la même dynamique, le Parlement des jeunes de l’Ituri (PJI) a également exprimé son indignation face à la dégradation de la situation sécuritaire. Dans un communiqué officiel, cette structure condamne fermement les attaques récentes, notamment celle survenue dans la nuit du 1er au 2 avril 2026 à Bafwakoa, après celle de Mutchatcha.

    Le PJI évoque un « dysfonctionnement critique » du dispositif sécuritaire et appelle les autorités nationales à renforcer urgemment les effectifs militaires dans la zone. Il plaide également pour le lancement d’une opération spéciale d’envergure visant à neutraliser durablement les combattants ADF.

    Tout en reconnaissant les efforts déjà fournis par les forces armées, notamment dans d’autres zones comme Djugu, le Parlement des jeunes insiste sur la nécessité de déployer la même intensité d’action à Mambasa, aujourd’hui considérée comme un épicentre de la menace sécuritaire en Ituri.

    Par ailleurs, cette structure encourage la population, en particulier les jeunes et les organisations de la société civile, à rester mobilisés aux côtés des forces de défense et de sécurité. Elle souligne que la collaboration civilo-militaire demeure essentielle pour identifier et éradiquer les groupes armés.

    Selon des sources locales, les récentes attaques ont causé des dégâts considérables à Bafwakoa, avec plus de 60 % du village incendié, des véhicules et motos réduits en cendres, ainsi que plusieurs pertes en vies humaines.

    Dans ce contexte, la pression monte sur les autorités congolaises, appelées à revoir en profondeur leur stratégie sécuritaire pour répondre efficacement à une crise qui ne cesse de s’aggraver. Pour les acteurs locaux, le temps des constats est révolu : place désormais à des actions concrètes et visibles sur le terrain.

    Dans un message parvenu à buniaactualite.cd, l’assemblée nationale a appelé le gouvernement à prendre des mesures urgentes face à l’escalade de la situation dans la région de Mambasa.

     

    Rédaction

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