La signature, ce jeudi 4 décembre à Washington, de l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda continue de susciter de vives réactions, tant pour sa portée politique que pour les enjeux économiques qui l’accompagnent. Aux côtés de cet accord central, les États-Unis ont profité de la cérémonie pour conclure leurs propres arrangements bilatéraux avec les deux pays. Un geste que Donald Trump a mis en avant sans détour.
« Aujourd’hui, les États-Unis signent également nos propres accords bilatéraux avec le Congo et le Rwanda, ce qui débloquera de nouvelles opportunités pour les États-Unis d’accéder à des minéraux essentiels et apportera des avantages économiques pour tout le monde », a déclaré le président américain.
Cette annonce a rapidement ravivé les interrogations autour de la souveraineté minière de la RDC, à un moment où le pays cherche justement à sécuriser ses ressources, souvent au cœur des conflits dans l’Est.
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La présidence congolaise rassure : « aucune portion du territoire n’est cédée »
La veille de la signature, la porte-parole du président Félix Tshisekedi, Tina Salama, a tenu à clarifier plusieurs points face aux inquiétudes qui s’exprimaient déjà au sein de l’opinion publique.
« Les accords ne cèdent aucune portion de la République démocratique du Congo à un pays étranger. La RDC garde le contrôle exclusif de ses ressources naturelles, dans le cadre de ce qu’on appelle la souveraineté minérale », a-t-elle affirmé.
Elle a insisté avec force sur l’un des points les plus sensibles :
« Le cadre d’intégration économique régionale ne consacre aucune cogestion des ressources naturelles de la RDC. »
« Ce n’est pas un accord minerais contre paix »
Tina Salama a également tenu à dissiper un malentendu qui circulait largement sur les réseaux sociaux et dans plusieurs communautés locales : l’idée d’un troc entre sécurité et ressources naturelles.
« Ce n’est pas un accord “minerais contre la paix”. Il s’agit de sécuriser nos minerais, pour que la guerre ne soit plus financée par les richesses congolaises. »
Selon elle, le gouvernement congolais veut éviter que l’exploitation illégale, la contrebande ou le contrôle armé des minerais continuent d’alimenter les groupes armés actifs dans l’Est du pays.
La présidence résume les accords signés autour de trois priorités majeures :
Mettre fin durablement à une guerre vieille de trois décennies ;
Permettre à la RDC de reprendre pleinement le contrôle de son territoire et de ses ressources ;
Transformer les richesses nationales afin qu’elles profitent enfin aux Congolais.
Ces objectifs sont au cœur de l’engagement affiché par Kinshasa, qui veut présenter ce nouveau cadre comme un levier pour une paix réelle, durable, et non comme une concession économique.
L’avenir dira si les promesses faites autour de cet accord se traduiront en changements concrets sur le terrain. Pour beaucoup, l’espoir demeure, mais la vigilance aussi.
Rédaction

