En séjour depuis la veille, la Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a effectué, ce vendredi 24 juillet 2026, une visite de terrain en Ituri, précisément dans les zones de santé de Mongbwalu et de Rwampara, dans la ville de Bunia, afin d’évaluer les progrès de la riposte contre la résurgence de la maladie à virus Ebola.
Accompagnée de partenaires humanitaires, elle a parcouru plusieurs sites de prise en charge, notamment le Centre de traitement d’Ebola (CTE) de Rwampara, pour s’imprégner des avancées réalisées et des défis qui demeurent.
Dès le début de sa visite, la Cheffe du gouvernement a rappelé l’ampleur de la situation. « La problématique de la maladie à virus Ebola, qui avait un épicentre ici à Dansouri, est passée de trois à cinq provinces touchées. C’est désormais une question qui concerne l’ensemble du pays. » Elle a insisté sur la mobilisation de toutes les forces vives, en soulignant l’implication du Chef de l’État, qui préside personnellement la task-force Ebola depuis Kinshasa.
« Des instructions sont données depuis la capitale, et le relais est assuré sur le terrain pour que les décisions soient rapidement mises en application », a-t-elle déclaré.
Sur le plan opérationnel, Judith Suminwa a salué les premiers résultats enregistrés, notamment à Kisangani, où les cas importés depuis l’Ituri ont pu être maîtrisés. Elle a également annoncé l’ouverture, dès la semaine prochaine, d’un nouveau laboratoire destiné à renforcer les capacités de prélèvement et d’analyse, afin d’accélérer la prise en charge des cas suspects.
Abordant la question des moyens, la Première ministre s’est voulue rassurante. « Le gouvernement a déjà débloqué 50 millions de dollars, auxquels s’ajoutent les fonds des partenaires. D’un point de vue financier, nous n’avons pas de problème majeur. »
Elle a toutefois rappelé les besoins qui subsistent sur le terrain, notamment en matériel de laboratoire, en ambulances, en véhicules tout-terrain, en oxygène ainsi qu’en équipements destinés aux enterrements dignes et sécurisés.
Pour améliorer la mobilité des équipes de riposte, Judith Suminwa a procédé à la remise de dix véhicules 4×4, tout en annonçant que d’autres livraisons suivraient afin de faciliter le transport des patients et des échantillons. « Ces véhicules vont nous permettre d’aller chercher les malades dans leur communauté et de les ramener plus rapidement vers les centres de traitement », a-t-elle expliqué.
Au terme de son évaluation, la Première ministre a insisté sur un enjeu qu’elle juge déterminant : « La nécessité de monter en puissance au niveau de l’engagement communautaire. » Elle a appelé à renforcer la sensibilisation et à consolider la confiance avec les relais communautaires, qu’elle considère comme des acteurs essentiels dans la détection précoce des cas suspects et leur orientation vers les structures de santé. « C’est la prise en charge rapide qui permet de limiter la propagation. À Mongbwalu, nous avons eu une survivante : la preuve que l’on peut guérir d’Ebola. Ce message doit être porté dans toutes les communautés », a-t-elle insisté, avant de saluer le travail « formidable » accompli par les médecins, infirmiers, laborantins et sensibilisateurs engagés dans la riposte.
Un moment d’émotion au cœur de la visite
À Mongbwalu, la Première ministre a également vécu un moment chargé d’émotion. Elle a assisté à la naissance d’un bébé en parfaite santé dans un centre de santé situé au cœur de la zone touchée par l’épidémie. Visiblement émue, elle y a vu un symbole d’espoir et de résilience.
« Ce nouveau-né est un signe d’espoir pour toute la communauté. Il nous rappelle que, malgré l’épidémie, la vie continue et que notre combat porte ses fruits », a-t-elle déclaré, en félicitant la mère ainsi que le personnel médical pour leur engagement.
Avant son retour à Kinshasa, ce vendredi 24 juillet 2026, Judith Suminwa a également évoqué les recherches menées à l’INRB (Institut national de recherche biomédicale) en vue de développer un traitement et un vaccin adaptés à la souche actuellement en circulation. « Nous espérons, d’ici 2 à 4 mois, pouvoir disposer de ces outils. Les fonds ont déjà été alloués », a-t-elle conclu, en réaffirmant la détermination du gouvernement à éradiquer cette épidémie.
Cette visite, marquée par des échanges avec les équipes de terrain et des encouragements adressés aux acteurs de la riposte, constitue une étape importante dans la coordination nationale de la lutte contre Ebola. Elle rappelle également que le succès de cette réponse dépendra autant des moyens déployés que de l’implication des communautés.
Grâce Kasemire

