À l’aéroport de Bunia, les marteaux résonnent encore. Des ouvriers s’activent, des équipes sanitaires vérifient les derniers détails et les responsables suivent de près l’évolution des travaux. Quelques heures après l’annonce officielle de la réouverture de l’aéroport, l’heure est aux derniers réglages pour garantir une reprise du trafic aérien dans le strict respect des mesures de prévention contre Ebola.
Sur place, le changement saute aux yeux. Les circuits des passagers ont été entièrement réorganisés afin d’éviter tout contact entre les voyageurs qui embarquent et ceux qui viennent d’atterrir. Désormais, les deux flux sont séparés.
Chef de poste de l’hygiène aux frontières de la ville de Bunia, Aimé Prospère assure que rien n’a été laissé au hasard. Les équipes travaillent jusque tard dans la nuit pour finaliser les nouvelles installations.
« Nous n’allons pas blaguer avec cette épidémie », insiste-t-il à buniaactualite.cd, alors que les travaux se poursuivent encore sur le site.
L’objectif est de renforcer les barrières sanitaires et réduire au maximum les risques de propagation de la maladie.
Parmi les nouveautés figure l’installation d’isoloirs destinés à accueillir temporairement toute personne présentant des signes suspects. Chaque voyageur, au départ comme à l’arrivée, devra se soumettre à une prise de température. En cas d’alerte, la personne concernée sera isolée avant une éventuelle prise en charge par une équipe spécialisée.
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Cette mesure s’inscrit dans la ligne du communiqué du ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, qui rappelle qu’une personne présentant des symptômes suspects d’Ebola ne doit pas voyager.
À l’intérieur de la salle d’attente provisoire, mise en service pendant les travaux de modernisation de l’aéroport, les aménagements témoignent également de cette volonté de vigilance. Des affiches de sensibilisation ont été placardées à plusieurs endroits. Des dispositifs modernes de lavage des mains permettent désormais aux usagers de se désinfecter sans toucher les installations.

Les sièges ont également été réorganisés afin de favoriser la distanciation physique. Du côté de la tente réservée aux passagers à l’arrivée, de grandes affiches rappellent les gestes de prévention et les mesures à respecter pour limiter les contacts.
Autre innovation, c’est la fiche sanitaire du voyageur qui devient numérique. Un code QR a été installé à l’entrée pour permettre aux passagers de remplir électroniquement leurs informations. Une évolution qui remplace progressivement les formulaires papier autrefois remplis à la main.
La réouverture de l’aéroport est accueillie avec soulagement par de nombreux habitants dont les activités dépendent directement du transport aérien.
Près de l’aéroport, une commerçante ne cache pas sa satisfaction. Pendant la fermeture, son activité a fortement ralenti. Selon elle, le retour des passagers représente une véritable bouffée d’oxygène pour les petits commerces de la zone.
Même enthousiasme chez un agent d’une compagnie aérienne rencontré sur le site. Après plusieurs jours d’inactivité, il a repris le chemin du travail dès l’annonce de la réouverture. Pour lui, cette décision marque la reprise d’une activité dont dépendent de nombreuses familles.
Du côté de la société civile également, la nouvelle est perçue comme un signe encourageant. Un défenseur des droits humains estime que cette réouverture traduit les premiers résultats des efforts engagés dans la riposte contre Ebola.
C’est ce 2 juin 2026 que le ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement a annoncé la réouverture de l’aéroport de Bunia avec effet immédiat. Une décision qui relance le trafic aérien dans le chef-lieu de l’Ituri, tout en maintenant un niveau élevé de vigilance sanitaire face à la 17ᵉ épidémie d’Ebola.
À Bunia, les avions vont à nouveau décoller et atterrir. Mais derrière cette reprise tant attendue, un mot d’ordre demeure : « vigilance face à la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola ».
Verite Johnson

