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    Le député national Gratien Iracan de Saint Nicolas a lancé un nouvel appel au gouvernement congolais et à l’Assemblée nationale au sujet de la situation sécuritaire et humanitaire dans les provinces placées sous état de siège, particulièrement en Ituri où il dénombre plus de 800 morts depuis janvier 2026.

    Prenant la parole ce 11 mai au perchoir de l’Assemblée nationale à Kinshasa, l’élu de la ville de Bunia a évoqué ce qu’il qualifie de «chaos humanitaire» dans plusieurs zones de l’Ituri, affirmant que 879 civils ont été tués depuis le début de l’année 2026.

    Dans son intervention, Gratien Iracan est revenu sur l’évaluation de l’état de siège réalisée en 2021. Selon lui, cette démarche avait permis aux députés, aux experts militaires et policiers ainsi qu’aux ministères sectoriels d’analyser la situation sécuritaire sur terrain.

    Le député estime ainsi qu’une nouvelle évaluation ne devrait pas être considérée comme “un péché”, rappelant qu’une des recommandations votées à l’Assemblée nationale le 29 septembre 2021 préconisait déjà une réévaluation avant la dixième prorogation de l’état de siège.

    Au cours de son intervention, il a également soutenu les propos du député Abdallah Penembaka, dénonçant des tensions persistantes entre certains élus nationaux et des responsables impliqués dans la gestion de l’état de siège.

    Gratien Iracan a affirmé que plusieurs députés, dont lui-même, les élus Savo, Utike, Abdallah Penembaka ainsi que Vital Kamerhe, auraient été publiquement “vilipendés” à travers une radio opérant en Ituri. Il dit avoir saisi à plusieurs reprises l’Assemblée nationale ainsi que le ministère de la Défense, sans obtenir de solution concrète.

    Cet élu de Bunia a ensuite dressé un tableau sombre de la situation humanitaire dans certaines zones de l’Ituri. Citant des constats effectués par la coordination des Nations unies dans la plaine de Savo, en territoire de Djugu, notamment dans la zone de Bule, il affirme que de nombreuses populations vivent désormais en brousse à la suite des opérations militaires.

    Selon lui, 179 civils ont été tués entre le 18 avril et le 11 mai 2026 dans cette partie de la province. Ces chiffres, a-t-il indiqué, viennent s’ajouter aux près de 700 morts déjà enregistrés depuis janvier.

    Face à cette situation, Gratien Iracan a demandé au gouvernement de renforcer la protection des populations civiles et a appelé le ministère de la Justice à initier des enquêtes sur les violations dénoncées.

    Ceux qui sont en train de mourir, ce sont des civils, des enfants, des femmes et parfois des mineurs”, a-t-il insisté devant les députés nationaux, affirmant qu’il est important de déterminer les auteurs de ces violences ainsi que leurs motivations.

    Le député national a également évoqué les attaques attribuées aux rebelles ADF dans plusieurs localités de l’Ituri, notamment les récents cas à Komanda et à Mambasa. Il s’est interrogé sur la capacité des groupes armés à opérer jusque dans les centres urbains malgré la présence des services de sécurité et de renseignement.

    Dans un autre registre, Gratien Iracan a salué certains travaux d’infrastructures réalisés à Bunia, notamment l’élargissement de l’aéroport et l’aménagement de certaines voies urbaines.

    Cependant, il a dénoncé la situation des habitants dont les maisons ont été détruites dans le cadre de ces travaux. Le député affirme que plusieurs familles disposaient de documents légaux sur leurs parcelles et attendent toujours leur indemnisation malgré les discussions engagées avec le gouvernement depuis la précédente législature.

    Il a également évoqué le cas des habitations actuellement détruites le long du tronçon menant à l’aéroport de Bunia, appelant les autorités à prendre en compte les droits des personnes affectées.

    Rédaction

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