En séjour de travail de 72 heures dans la province de l’Ituri, la Défenseure mondiale de la paix des Nations Unies, Mariam Bukar Hassan, a échangé ce dimanche 15 mars 2026 avec les femmes médiatrices ainsi qu’avec le groupe mixte jeunes et femmes engagés dans les efforts de consolidation de la paix.
La rencontre s’est tenue à Bunia dans le cadre du projet « Paix durable et inclusive par l’action synergique des réseaux et organisations de la société civile féminines et mécanismes de coordination en RDC», GPI 2.0, mis en œuvre par l’ONGD ACIAR (Appui à la Communication Interculturelle et à l’Autopromotion Rurale).
Ce projet vise à renforcer la participation active des organisations et réseaux de femmes dans les dynamiques de consolidation de la paix en province de l’Ituri. Il bénéficie du financement du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF) et d’un appui technique de ONU Femmes.
Artiste slameuse et poétesse devenue la première Défenseure mondiale de la paix des Nations Unies, Mariam Bukar Hassan a tenu à venir à la rencontre des acteurs locaux afin de mieux comprendre la réalité du terrain, écouter les témoignages et porter au plus haut niveau les préoccupations des femmes engagées dans la recherche de la paix.
Les échanges ont permis aux femmes médiatrices et aux jeunes participantes de présenter leurs méthodes de médiation, leurs approches communautaires, les défis auxquels elles sont confrontées dans leur engagement quotidien pour la recherche de la paix, la cohésion sociale, etc.
« Les échanges ont été très riches. J’ai beaucoup appris à travers ce cadre. C’est le genre de cadre que j’aimerais emmener chez moi, au nord du Nigeria », a déclaré Mariam Bukar Hassan à l’issue de la rencontre.
Au fil des discussions, les participantes ont partagé leurs expériences de terrain, mettant en lumière les mécanismes communautaires mis en place pour prévenir les conflits, renforcer le dialogue et accompagner les communautés vers une coexistence pacifique.
La Défenseure mondiale de la paix a salué les résultats encourageants du projet, notamment la baisse estimée à près de 20 % du recrutement des jeunes dans les groupes armés, une évolution attribuée aux efforts de mobilisation et à l’implication conjointe des jeunes et des femmes au sein des groupes mixtes.
Pour les jeunes participantes, cet espace d’échange constitue une opportunité d’apprentissage et de transmission d’expériences.
« C’est vraiment un avantage pour nous en tant que jeunes. Nous avons nos mamans qui nous transmettent leur expérience. Les jeunes filles sont souvent les premières victimes des atrocités. Je remercie ACIAR d’avoir pensé à nous afin que, ensemble, nous cherchions des solutions durables pour notre société », a témoigné Sarah Muderwa, de la synergie des jeunes filles de l’Ituri.
Parmi les résultats mis en avant par les acteurs du projet figure la contribution croissante des femmes et des jeunes filles, désormais mieux outillées, à la réduction des conflits et au renforcement de la cohésion sociale dans leurs communautés.
Pour Élisabeth Buve Love, femme médiatrice et présidente du Collectif des femmes de l’Ituri, ces espaces d’échange restent essentiels pour faire évoluer les mentalités.
« Nous avons échangé sur les défis qui empêchent l’émergence de la femme. La masculinité positive n’est pas encore comprise par la majorité et les femmes ne sont pas suffisamment accompagnées, ce qui freine leur émergence », a-t-elle expliqué, avant d’ajouter :
« Aujourd’hui, les hommes et les femmes doivent travailler ensemble pour le changement ».
La journée s’est déroulée en deux temps : un premier dialogue avec les femmes médiatrices, suivi d’un échange élargi avec le groupe mixte jeunes et femmes.
« Nous avons acquis des expériences auprès de nos mamans dans ce club mixte », a affirmé Pelé Jacques, président du Conseil urbain de la jeunesse.
Pour les organisations partenaires, cette dynamique collaborative constitue un levier important pour renforcer les initiatives locales de paix.
« Ce projet tombe à point nommé pour nous mettre ensemble », s’est félicité Jeannot Molisho, coordonnateur de l’ONG SECHA, l’un des participants. Un sentiment partagé par plusieurs participants, dont Sarafina Muderwa.
Au terme des échanges, les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à renforcer l’appui aux organisations de femmes et aux jeunes médiateurs engagés dans la prévention des conflits et la lutte contre les violences faites aux femmes.
Avant de conclure sa visite, Mariam Bukar Hassan a tenu à saluer l’engagement et la détermination des femmes impliquées dans ces initiatives.
« Vous êtes merveilleuses, chères femmes. Vous faites tellement de choses. Ne vous arrêtez pas (…) Vous devez être fières de vous-mêmes », a-t-elle déclaré, rendant hommage au courage et au leadership des femmes de l’Ituri.
Verite Johnson



