Dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre, l’Association des femmes juristes de Buni a organisé le 5 février 2026 un atelier dans l’enceinte de l’établissement Malaika, et a réuni une vingtaine de participantes.
Autour de la thématique des violences basées sur le genre (VBG), Maître Esperace, coordonnatrice de l’association, a expliqué les motivations derrière cette initiative.
« Nous sommes une association qui défend les droits des femmes et des affaires. Étant donné que nous accompagnons les victimes de violences sexuelles sur le terrain, il était primordial de renforcer d’abord les capacités de nos membres sur les VBG. L’objectif est d’être en mesure d’assurer un suivi judiciaire, extrajudiciaire, voire administratif, au niveau de la justice », a-t-elle déclaré.
Selon la coordinatrice, cette formation vise à outiller les participantes pour qu’elles puissent défendre efficacement les victimes.
« Aujourd’hui, les gens ont tendance à dire que les femmes ne sont pas capables, et pourtant nous sommes capables de défendre au même pied d’égalité que les hommes », a-t-elle insisté.
L’atelier a rassemblé 20 participantes, conformément aux termes de référence de l’organisation. Mais qui peut prétendre au titre de « femme juriste » au sein de cette structure ? Maître Esperace précise : « Il faut être une femme juriste. C’est-à-dire toute personne ayant fait des études de droit. Nous avons des femmes diplômées qui sont restées à la maison, d’autres qui n’ont pas voulu intégrer le barreau ou le corps de la défense judiciaire, mais aussi des femmes juristes qui travaillent dans l’administration, la magistrature, ou qui sont notaires. »
Fondée le 11 mai 2025, l’AFJC/Bunia se distingue par son approche : « Notre particularité, c’est que nous avons d’abord fait le droit. Nous sommes des juristes. « Quand on est juriste, on connaît ses droits et on est en mesure de vulgariser, de sensibiliser les femmes qui ne les connaissent pas », a ajouté la coordonnatrice, soulignant un défi majeur : « Dans notre société, les hommes connaissent nos droits, mais les femmes, non. »
Prenant la parole, Maître Syntiche, membre de l’association, a souligné l’importance de cette préparation en amont. « Nous sommes prêtes à aller sur le terrain pour sensibiliser et assister les victimes de VBG. Mais avant d’y aller, il faut bien se préparer. Voilà pourquoi l’association a prévu ce renforcement des capacités pour ses membres », a-t-elle expliqué, ajoutant que les violences basées sur le genre sont « une réalité, pas un mythe » dans la région.
L’objectif final est clair : offrir une assistance holistique. « Nous devons apporter notre assistance de manière complète. Pour cela, une formation préalable est indispensable. « En nous préparant en amont, nous pourrons faire un travail qui sera apprécié tant par les bénéficiaires que par les autorités », a conclu Maître Syntiche.
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Les participantes ont ainsi été formées sur les concepts clés des VBG, les principes directeurs, les types et formes de violences, ainsi que sur les mécanismes de prise en charge des victimes.
Grâce Kasemire

