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    Le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté, lundi 26 octobre 2026, une nouvelle prorogation de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

    Cette mesure, appelée à prendre effet le 29 octobre pour quinze jours supplémentaires, intervient alors que les attaques des groupes armés continuent de faire des victimes civiles et de provoquer des déplacements de population dans ces deux provinces.

    Réunis en séance plénière à Kinshasa, les sénateurs ont approuvé le projet de loi à l’unanimité des membres présents.

    « Sur les 109 sénateurs qui composent le Sénat, 73 ont pris part au vote, 73 ont voté oui, aucun non, aucune abstention », a déclaré le président de la Chambre haute, Jean-Michel Sama Lukonde.

    Le gouvernement était représenté par le ministre d’État chargé de la Formation professionnelle, Marc Ekila, qui a défendu la nécessité de poursuivre les opérations militaires contre les groupes armés dans l’est du pays.

    Selon l’exposé des motifs du projet, la situation sécuritaire demeure préoccupante et nécessite le maintien des moyens exceptionnels de lutte contre les groupes armés.

    Instauré en mai 2021 par le président Félix Tshisekedi, l’état de siège a notamment entraîné le remplacement des autorités civiles provinciales par des administrations militaires et policières en Ituri et au Nord-Kivu.

    Plus de cinq ans après son instauration, sa reconduction intervient dans un contexte où les violences continuent de frapper les populations.

    En Ituri, les attaques persistent à Djugu et à Irumu

    Ces derniers jours, plusieurs villages de la chefferie des Bahema-Nord, en territoire de Djugu, ont été attaqués par des hommes armés identifiés localement comme des miliciens de la CODECO.

    Dimanche 25 octobre, les villages de Gobu, Muganga et Musekere, dans le groupement Sombuso, ont notamment été visés. Selon Charité Banza, responsable de la société civile locale interrogé par Buniaactualite.cd, plusieurs maisons ont été incendiées, du bétail pillé et des familles contraintes de fuir, certaines vers l’Ouganda.

    Dans la chefferie voisine des Bahema-Badjere, d’autres violences et disparitions de civils ont également été signalées.

    Plus au sud, dans le territoire d’Irumu, la Société civile du Congo a fait état, lundi 26 octobre, de douze personnes portées disparues depuis le début du mois, principalement des agriculteurs. Trois d’entre elles ont été retrouvées mortes.

    Son coordonnateur local, Augustin Kasereka, attribue ces disparitions aux rebelles des ADF et à des groupes armés locaux. Ces responsabilités restent toutefois à établir par les autorités compétentes.

    Dans le territoire de Mambasa, les violences attribuées aux ADF continuent également de peser sur les populations. Selon un rapport d’OCHA couvrant septembre, au moins 77 civils avaient été tués dans ce territoire en un mois, tandis que plus de 80 000 personnes nécessitaient une assistance humanitaire urgente.

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    Ces différents événements illustrent la persistance des défis sécuritaires, malgré les opérations conduites par les forces de défense et de sécurité.

    Au Nord-Kivu, Goma demeure sous contrôle de la rébellion

    La situation reste également complexe au Nord-Kivu, où les rebelles de l’AFC/M23 contrôlent toujours Goma ainsi que plusieurs territoires. Le mouvement conserve également le contrôle de Bukavu, au Sud-Kivu, province qui n’est pas placée sous état de siège.

    Le 12 octobre dernier, à Goma, l’ancien président Joseph Kabila a été désigné à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), nouvelle coalition politico-militaire réunissant notamment les dirigeants de l’AFC/M23.

    Le FRN affirme succéder à l’Alliance Fleuve Congo et revendique le recours à la force dans sa lutte contre le pouvoir de Kinshasa.

    De son côté, le gouvernement congolais présente cette restructuration comme une nouvelle configuration de la rébellion, qu’il accuse d’être soutenue par le Rwanda.

    Une mesure exceptionnelle toujours confrontée à la question des résultats

    Pour les autorités congolaises, le maintien de l’état de siège doit permettre de poursuivre les opérations militaires et de renforcer la protection des populations dans les zones affectées.

    Mais la répétition des attaques, les déplacements de civils et le maintien de plusieurs territoires sous contrôle de groupes armés continuent de poser la question de l’efficacité de cette mesure exceptionnelle.

    La persistance des violences ne suffit pas, à elle seule, à établir l’absence de résultats des opérations militaires. Une évaluation complète devrait également tenir compte des territoires sécurisés, des attaques empêchées, de l’évolution des déplacements et des conditions de retour des populations.

    En Ituri, les appels répétés des autorités coutumières et de la société civile à une protection renforcée des villages témoignent néanmoins des attentes persistantes des habitants.

    La nouvelle prorogation, prévue à compter du 29 octobre, s’inscrit ainsi dans la continuité d’un dispositif dont l’objectif demeure le rétablissement de la sécurité.

    Rédaction

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