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    À Kpandroma, dans le secteur des Walendu Pitsi, en territoire de Djugu, le mariage précoce en âge scolaire suscite de vives inquiétudes. Face à ce phénomène qui pousse plusieurs jeunes à abandonner leurs études, l’Institut Mbikpa a consacré ses activités culturelles de ce vendredi 23 octobre 2026 à la sensibilisation des élèves sur les dangers de cette pratique.

    Au cours de cette rencontre organisée dans l’enceinte de l’établissement, le conférencier a attiré l’attention sur la persistance des mariages précoces à Kpandroma et dans ses environs. Plusieurs filles et garçons encore en âge scolaire s’engagent prématurément dans la vie conjugale, au risque de compromettre leur avenir.

    Parmi les conséquences évoquées figurent l’abandon définitif des études, les grossesses précoces à risque, la pauvreté au sein des jeunes foyers, les violences basées sur le genre, ainsi que les difficultés rencontrées par ces jeunes couples pour assurer leur autonomie socio-économique.

    « A kpandroma, nous voyons des enfants de 14, 15 ans qui abandonnent le banc de l’école pour le foyer. C’est une jeunesse qui se sacrifie et qui hypothèque tout son avenir. Je vous appelle à étudier avec détermination et vision », a-t-il déclaré à Buniaactualité.cd.

    Des sketchs pour faire prendre conscience aux élèves

    Pour mieux faire passer le message, les élèves du Club culturel de l’Institut Mbikpa ont présenté un sketch d’une heure inspiré des réalités vécues par certains jeunes confrontés au mariage précoce.

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    La première scène mettait en lumière le parcours d’une élève brillante contrainte d’abandonner ses études pour se marier. Une fois dans son foyer, elle se retrouvait confrontée à la faim, à la maladie de son bébé, faute de moyens pour se rendre à l’hôpital, avant de subir le rejet de son mari.

    Une autre scène présentait le cas d’un garçon de 17 ans devenu père, mais incapable de payer le loyer et de trouver un emploi. Pour tenter de subvenir aux besoins de sa famille, il se dirigeait vers les zones minières de Tsalaka, dans le secteur des Walendu Tats, où ses efforts restaient vains.

    À travers ces différentes scènes, les élèves ont voulu montrer les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les jeunes qui s’engagent trop tôt dans la vie conjugale. La représentation, particulièrement réaliste, a suscité de l’émotion parmi les spectateurs et renforcé le message contre le mariage précoce.

    L’Institut Mbikpa promet de poursuivre la sensibilisation

    À la clôture des activités, le préfet intérimaire des études, Joël Bikpa, a réaffirmé la volonté de l’établissement de poursuivre cette lutte. Il a annoncé plusieurs mesures destinées à mieux accompagner les élèves et à prévenir les abandons scolaires liés au mariage précoce.

    « Notre mission est de former, pas de voir nos enfants partir en mariage. Nous allons multiplier ces séances, créer une cellule d’écoute pour les élèves en difficulté et travailler avec les parents et les chefs locaux pour protéger chaque enfant », a conclu Joël Bikpa, préfet intérimaire.

    Il a également appelé les parents à jouer pleinement leur rôle dans la protection de la scolarité de leurs filles, tout en invitant les autorités coutumières à décourager les pratiques qui compromettent l’avenir des jeunes et freinent le développement de la communauté.

    À Kpandroma, le combat contre le mariage précoce reste un défi. Mais, à l’Institut Mbikpa, le message porté par les élèves et les responsables scolaires est : privilégier l’éducation pour préserver l’avenir de la jeunesse.

    John Mary Ndika, depuis Kpandroma

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