Un incendie s’est déclaré mercredi 23 septembre 2026 au site de déplacés de Kigonze, au quartier Mudzi-Pela, à Bunia, où plusieurs abris de fortune ont été touchés par les flammes. Le sinistre survient dans un contexte particulièrement tendu, trois jours après une opération sécuritaire ayant entraîné le départ d’un nombre important d’occupants du site.
L’origine de l’incendie n’était pas encore établie au moment de la publication. Aucun élément disponible, des sources officielles, ne permet notamment de déterminer s’il s’agit d’un accident ou d’un acte volontaire, ni d’établir un lien avec les opérations sécuritaires menées dans la zone.
Aucun bilan humain officiel n’avait non plus été communiqué.
Cette nouvelle situation intervient alors que les conséquences des incidents survenus dimanche 20 septembre continuent de susciter des réactions à Bunia.
Un site largement vidé de ses occupants
Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 23 septembre 2026, l’association culturelle ENTE, qui regroupe des membres de la communauté Hema, affirme que le site de Kigonze s’est vidé de ses occupants à la suite des événements de dimanche.
Selon son président national, Me Jean-Claude Ngadjole Ateenyi, une partie des déplacés a trouvé refuge auprès de familles d’accueil, tandis que d’autres seraient toujours sans abri.
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ENTE appelle les autorités provinciales et les acteurs humanitaires à intervenir afin d’évaluer les besoins et d’apporter une assistance aux personnes concernées.
L’association affirme également ne pas constater une présence suffisante des acteurs humanitaires et de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) auprès des déplacés dispersés.
Buniaactualite.cd n’a pas encore obtenu la réaction de la CNR et des organisations humanitaires concernées à ces accusations.
Des accusations sur le déroulement de l’opération
Les tensions remontent à dimanche matin, lorsque des tirs avaient été entendus à Kigonze et dans plusieurs quartiers périphériques de Bunia, notamment Mudzi-Pela, Bigo, Bakei et Kolomani, dans le contexte d’une opération de bouclage.
Le député provincial Floribert Byaruhanga Semire, qui affirme s’être rendu dans la zone le même jour, avait évoqué des morts, des déplacements de population et des exactions présumées, sans fournir de bilan chiffré.
Selon les informations qu’il disait avoir recueillies sur place, l’opération aurait été déclenchée après des renseignements faisant état d’une possible présence d’hommes armés au sein du site.
Le député a demandé l’ouverture d’une enquête afin d’établir les circonstances des incidents et les éventuelles responsabilités.
ENTE formule également des accusations contre les forces de sécurité, évoquant ce qu’elle qualifie de « dérapages graves » au cours des opérations autour du site. L’association demande au gouverneur militaire de l’Ituri d’ordonner une enquête.
Ces accusations n’avaient pas encore fait l’objet d’une réponse détaillée des services de sécurité dans les éléments disponibles à Buniaactualite.cd. Le nombre de morts ou de blessés éventuellement enregistrés depuis dimanche reste également à établir officiellement.
ENTE interpelle aussi les groupes armés
Tout en critiquant les conditions de l’intervention sécuritaire, ENTE interpelle également les groupes armés.
L’association cite particulièrement la Convention pour la révolution populaire (CRP) et demande à ses éventuels éléments de ne pas utiliser le site comme lieu de refuge.
« S’il est vrai que certains de vos éléments se sont infiltrés dans le site des déplacés, veuillez vous retirer immédiatement en vue de ne pas exposer inutilement les personnes vulnérables aux violences », indique la déclaration.
Cette formulation ne constitue toutefois pas une confirmation indépendante de la présence d’éléments de la CRP à Kigonze.
ENTE demande parallèlement aux FARDC de garantir la protection des civils et appelle les déplacés à signaler aux services compétents toute présence suspecte dans leurs sites.
Une situation humanitaire à évaluer
Les événements de Kigonze soulèvent désormais une double préoccupation sécuritaire et humanitaire.
Le député Floribert Byaruhanga Semire avait déjà appelé les organisations humanitaires, la CNR et les gestionnaires des sites à renforcer leur coordination. Il avait également demandé aux autorités de créer les conditions permettant aux déplacés de retourner volontairement et en sécurité dans leurs villages d’origine, particulièrement dans le territoire de Djugu.
Avec la dispersion d’une partie des occupants et l’incendie signalé mercredi, l’ampleur des besoins en abris, nourriture, soins et protection reste à déterminer.
Plusieurs éléments essentiels demeurent également sans réponse : le bilan officiel des incidents de dimanche, le nombre exact de personnes ayant quitté Kigonze, leur localisation actuelle, l’étendue des dégâts provoqués par l’incendie et l’origine du feu.
Rédaction

