La reprise des cours prévue le 1er septembre 2026 suscite de fortes inquiétudes en Ituri, alors que la province reste confrontée à l’épidémie de maladie à virus Ebola.
Réunis lundi 24 août à Bunia, des membres de l’Intersyndicale des enseignants de l’Ituri se sont opposés à la réouverture des établissements scolaires, estimant que les conditions sanitaires nécessaires ne sont pas encore réunies.
Selon leur porte-parole, Urunga Patrick, la reprise des cours exposerait les élèves et les enseignants à des risques de contamination tant que l’épidémie demeure active.
« Comment pouvons-nous accepter les enfants à l’école alors que la situation d’épidémie persiste ? »
L’Intersyndicale demande notamment la maîtrise de l’épidémie, l’installation effective de dispositifs d’hygiène et de lavage des mains dans les établissements scolaires ainsi que des garanties de protection sanitaire pour les enseignants et les élèves.
Cette position intervient alors que la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, avait évoqué, lors d’un briefing consacré à la santé et à l’éducation diffusé sur la RTNC, la possibilité d’un dispositif d’enseignement à distance.
Selon cette option, les élèves ou leurs parents pourraient notamment récupérer périodiquement les supports ou notes de cours afin de poursuivre les apprentissages à domicile.
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À Bunia, cette perspective divise et suscite plusieurs interrogations parmi les parents.
Certains estiment qu’il leur serait difficile d’assurer le suivi scolaire de plusieurs enfants, notamment lorsqu’ils sont eux-mêmes engagés dans des activités professionnelles.
« J’ai beaucoup d’enfants. Moi et mon mari, nous travaillons tous les deux. C’est à l’école qu’on nous aide avec l’apprentissage. Nous intervenons surtout pour les devoirs. Maintenant, nous devons aussi assurer le suivi des notes de cinq enfants dans différentes classes », témoigne Rachelle Bonebane, rencontrée au marché central de Bunia.
D’autres parents souhaitent plutôt que l’enseignement à distance soit accompagné de solutions technologiques permettant aux élèves d’accéder aux contenus pédagogiques.
« Si le gouvernement insiste sur la reprise des cours, il faut mettre en place un mécanisme permettant aux élèves et aux enseignants d’avoir accès à Internet pour étudier à distance », estime Liripa Ngabu.
Les enseignants également préoccupés
Du côté des enseignants, les inquiétudes portent principalement sur les contacts rapprochés avec les élèves et les risques sanitaires qui pourraient en découler.
Brigitte Tebabo, enseignante à l’Institut Lumière, estime que la reprise des activités scolaires pourrait exposer davantage le personnel éducatif.
« Avec la reprise des activités scolaires, nous sommes obligés d’être en contact avec les enfants à l’école. Un geste qui peut aussi nous exposer », s’inquiète-t-elle.
Dans les rues de Bunia, la crainte d’une reprise des cours reste ainsi fortement liée à l’évolution de l’épidémie. Des parents et des enseignants demandent davantage de garanties sanitaires avant toute réouverture des établissements.
La décision finale sur la reprise effective des cours devra toutefois tenir compte à la fois de l’évolution de la situation épidémiologique, des impératifs de continuité scolaire et des mesures de prévention mises en place dans les établissements.
Lydia Combe

