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    Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, accueillait ce jeudi 4 décembre, la cérémonie officielle de restitution des travaux de l’atelier de capacitation des projets d’assistance du Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale. Plusieurs vies ont été relevées. 

    Autour du lieutenant-général Luboya N’kasama, gouverneur de l’Ituri, partenaires, experts et invités circonstanciels, le FPV a fait le point sur cinq années d’un travail mené dans un contexte sécuritaire parmi les plus complexes du pays.

    Au cœur de cette restitution : les résultats des actions de sensibilisation à la paix, les efforts de plaidoyer, et surtout les avancées obtenues dans la prise en charge des victimes des violences sexuelles et basées sur le genre.

    Malgré l’insécurité, la mobilité réduite dans plusieurs zones, le surnombre des bénéficiaires et l’accès difficile aux soins spécialisés, les équipes ont présenté un bilan qui a surpris par son ampleur.

    Plus de 10 020 survivants accompagnés : un dépassement historique

    Pour Kizita Forgwe, responsable du Fonds au profit des victimes en RDC, l’atelier n’était pas seulement une évaluation technique.

     « Cet atelier a été l’occasion d’exprimer en profondeur cinq années de mise en œuvre du mandat d’assistance du Fonds en Ituri. Grâce à votre travail, des milliers de vies ont été transformées. »

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes dans les zones concernées par le projet. Les dix partenaires d’exécution ont franchi un cap inédit : 10 020 survivants de violences sexuelles et basées sur le genre ont bénéficié d’une prise en charge complète, dépassant largement le cycle initial prévu pour 8 425 personnes.

    Plus de 1 500 leaders communautaires ont été formés à la prévention des conflits, aux dialogues intercommunautaires et à la consolidation de la paix.

    662 initiatives locales de paix ont été accompagnées, surtout dans les zones ravagées par les violences armées.

    Au-delà des chiffres, c’est l’impact social qui impressionne : restauration du dialogue entre communautés, prévention des conflits, regain de confiance, et un taux général de réalisation dépassant les 95 %, malgré les interruptions causées par l’insécurité.

    « Avec des ressources limitées, vous avez accompli un travail exceptionnel », a conclu Kizita Forgwe, saluant au passage l’appui des autorités provinciales.

    Luboya : « L’Ituri doit changer de narratif »

    Présent à la cérémonie, le gouverneur Luboya N’kasama n’a pas caché son émotion face aux témoignages et aux résultats dévoilés. Il a rappelé les efforts du gouvernement dans la restauration de la sécurité à travers une approche combinant actions militaires et initiatives non militaires, mais a surtout insisté sur un message central :

    le pardon, la réconciliation, l’amour entre communautés, et la nécessité de transformer l’image de l’Ituri.

     « Pour le président de la République, l’Ituri est prioritaire », a-t-il affirmé, appelant les communautés à se détourner des discours de haine et à s’ouvrir à la paix durable.

    À l’issue de la restitution, plusieurs recommandations ont été formulées :

    Intégrer davantage d’enfants non scolarisés dans les projets.

    Poursuivre le plaidoyer pour introduire l’éducation à la paix dans le système scolaire congolais.

    Intensifier les thérapies communautaires, ainsi que les dialogues sociaux et intercommunautaires.

    Dans une province marquée par de longues années de conflits, cette cérémonie aura rappelé une vérité souvent noyée dans la violence : des progrès concrets existent, portés par la résilience des victimes, l’engagement des équipes de terrain et la volonté politique de tourner la page du conflit. Comme l’a résumé Kizita Forgwe devant l’assistance :

    « À vous, victimes et survivants, nous disons : vous n’êtes pas oubliés. Votre voix compte. Votre dignité reste au centre de notre action. »

    Verite Johnson

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