Les personnes déplacées vivant sur le site de l’Institut supérieur pédagogique (ISP) de Bunia, en Ituri, font face à une pénurie d’eau potable. L’Association des déplacés victimes de guerre (ADVG) appelle le gouvernement et les organisations humanitaires à intervenir d’urgence, particulièrement dans le contexte de l’épidémie d’Ebola qui touche la province.
Dans une déclaration faite lundi 2 novembre 2026, Olivier Bavi Karba, communicateur de cette association, a dénoncé les difficultés d’approvisionnement en eau et l’absence de réponses satisfaisantes aux démarches entreprises auprès de plusieurs organisations humanitaires.
Selon lui, des correspondances ont déjà été adressées à différentes ONG pour solliciter une intervention, mais les déplacés attendent toujours une solution concrète.
« C’est vraiment grave au niveau de sites de déplacés de l’ISP Bunia », a-t-il déclaré, appelant les autorités provinciales et nationales à prendre leurs responsabilités.
La situation concerne un site hébergeant près de 16 000 personnes, réparties dans environ 3 500 ménages, selon les données rapportées le 2 novembre par Radio Okapi. Les quatre robinets disponibles ne fournissent plus régulièrement de l’eau, tandis que le réseau de distribution desservant les 39 blocs du site est largement détérioré.
Faute d’approvisionnement suffisant, certaines familles se tournent vers des puits des quartiers voisins ou vers la rivière Ngezi, au risque de s’exposer à d’autres maladies liées à la consommation d’eau impropre.
Pour Olivier Bavi Karba, cette pénurie constitue une menace supplémentaire pour les déplacés dans le contexte de l’épidémie d’Ebola. Il redoute notamment que le manque d’eau ne compromette le respect des mesures d’hygiène et ne fragilise davantage la prévention au sein du site.
« Leurs problèmes, vraiment, doivent avoir des solutions », a-t-il insisté, rappelant que les personnes déplacées sont des « citoyens congolais qui doivent bénéficier » des mêmes droits fondamentaux que le reste de la population.
L’absence d’eau suffisante complique notamment le lavage régulier des mains et l’entretien des installations sanitaires. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Ebola se transmet principalement par contact direct avec les liquides biologiques d’une personne infectée présentant des symptômes ou avec des objets contaminés. Le manque d’eau ne constitue donc pas, à lui seul, une voie de transmission du virus, mais peut affaiblir les mesures de prévention.
Cette alerte intervient après plusieurs préoccupations déjà exprimées par l’ADVG sur les conditions sanitaires dans les sites de déplacés de Bunia. En août dernier, cette association avait notamment dénoncé l’arrêt de certaines activités de sensibilisation contre Ebola, craignant un relâchement des comportements préventifs.
La pénurie d’eau s’ajoute ainsi aux difficultés humanitaires auxquelles sont confrontées les familles ayant fui les violences armées dans plusieurs territoires de l’Ituri.
L’ADVG sollicite une intervention rapide du gouvernement et de ses partenaires pour rétablir durablement l’approvisionnement en eau potable et permettre aux déplacés de respecter les mesures d’hygiène dans de meilleures conditions.
À ce stade, aucun calendrier de réhabilitation du réseau d’eau du site de l’ISP/Bunia n’a été confirmé.
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