Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) organise, les 2 et 3 novembre 2026, des dialogues communautaires avec les leaders des trois communes de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri. Cette initiative vise à renforcer l’implication des communautés dans la riposte non médicale contre la maladie à virus Ebola.
Ces rencontres réunissent les acteurs communautaires autour des stratégies de prévention, de sensibilisation et de mobilisation de la population. Elles mettent particulièrement l’accent sur le rôle des Comités locaux de développement (CLD) dans la lutte contre les rumeurs, la désinformation et les résistances aux mesures sanitaires.
L’objectif est notamment de définir des actions prioritaires adaptées aux réalités de chaque commune, d’identifier les structures communautaires capables de contribuer au signalement des cas suspects et de renforcer la collaboration entre les populations et les équipes de riposte.
Les échanges portent également sur les mécanismes de dialogue, d’écoute et de communication communautaire. Une attention particulière est accordée à la participation des femmes, des jeunes et des groupes vulnérables, afin de favoriser une approche inclusive de la prévention.
Pour Léopold Gnonké, expert en gouvernance de crise au PNUD-Ituri, la réussite de la riposte dépend aussi de l’adhésion des communautés aux mesures sanitaires.
« On ne bat jamais Ebola avec le vaccin seul. On le bat avec la communauté. Et à Bunia, la communauté, ce sont les CLD », a-t-il déclaré.
Selon cet expert, les rumeurs, la méfiance envers les équipes sanitaires, les résistances communautaires et la stigmatisation constituent autant d’obstacles susceptibles de compromettre les efforts de lutte contre l’épidémie.
L’approche privilégiée par le PNUD consiste donc à ne pas limiter la riposte à la diffusion des messages de prévention, mais à recueillir également les préoccupations des habitants afin d’élaborer des réponses adaptées aux réalités locales.

Cette démarche est saluée par certains participants, qui insistent notamment sur la nécessité d’associer davantage les jeunes aux activités de riposte.
« Il faut une bonne collaboration entre les équipes de riposte et la jeunesse », a plaidé un participant dans des propos recueillis par buniaactualite.cd.
Un autre intervenant a appelé les membres des communautés à partager des informations fiables avec les équipes sanitaires et la population, afin de combattre les fausses informations et la stigmatisation liées à Ebola.
À l’issue des dialogues, le PNUD attend notamment l’identification des principales résistances communautaires, la définition de messages de sensibilisation adaptés et le renforcement des capacités des acteurs locaux. L’objectif est également d’améliorer les mécanismes de collaboration entre les CLD et les services chargés de la surveillance sanitaire.
Cette activité s’inscrit dans la continuité des initiatives de mobilisation communautaire déjà engagées par le PNUD en Ituri. Le 20 octobre dernier, l’agence onusienne avait réuni à l’hôtel Gold Stars de Bunia des associations féminines, des jeunes et des leaders communautaires autour de la riposte non médicale. Comme l’avait rapporté notre rédaction, les participants avaient notamment recommandé de renforcer la lutte contre les rumeurs, l’accompagnement psychosocial des personnes affectées et l’implication des organisations locales dans les activités de sensibilisation.
Au cours de cet atelier, plusieurs difficultés avaient été identifiées, notamment les résistances aux interventions sanitaires, la stigmatisation des malades et de leurs proches, le recours à l’automédication ainsi que les réticences de certaines familles face aux enterrements dignes et sécurisés. Les participants avaient également plaidé pour un soutien accru aux associations féminines et aux organisations de jeunesse afin de garantir la continuité des actions communautaires.
Ces initiatives interviennent alors que la surveillance épidémiologique demeure confrontée à des difficultés à Bunia. Selon le rapport de situation n° 155 de la riposte contre Ebola, publié le 17 octobre par l’Institut national de santé publique (INSP), seulement 906 personnes contacts sur les 3 635 attendues avaient été effectivement suivies dans la zone de santé de Bunia au cours de la journée du 16 octobre, soit 24,9 %. Ces données, limitées à cette période, illustrent les défis rencontrés dans le suivi des personnes potentiellement exposées au virus.
Dans ce contexte, la mobilisation des CLD pourrait contribuer à améliorer la remontée des alertes, la circulation d’informations fiables et la collaboration entre les habitants et les équipes sanitaires. L’efficacité de cette démarche dépendra toutefois de la mise en œuvre des actions définies, des moyens disponibles et du suivi des engagements pris au cours de ces rencontres.
Jonathan Bavonga

