La Solidarité des associations féminines pour les droits de la femme et de l’enfant (SAFDF) réclame des poursuites judiciaires contre un ancien responsable de la Police nationale congolaise (PNC) à Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Celui-ci est accusé d’avoir commis des violences physiques, des attouchements sexuels et des actes d’humiliation publique contre une femme.
Dans un mémorandum remis vendredi 30 octobre 2026 à l’autorité urbaine, les quatre organisations membres de la SAFDF dénoncent la gravité des faits présumés et demandent une procédure judiciaire rapide, impartiale et équitable.
Selon ce document, l’incident serait survenu lorsqu’une femme a tenté de porter secours à son frère, qui intervenait lui-même en faveur d’un conducteur de moto-taxi pris à partie par des policiers après un incident de stationnement.
La moto concernée aurait été heurtée par un véhicule de police transportant le commissaire urbain de l’époque.
D’après la SAFDF, le responsable policier aurait alors commis des attouchements sur la poitrine de cette femme, tenté de la déshabiller publiquement et l’aurait traînée au sol alors qu’elle résistait. Des propos humiliants auraient également été tenus à son encontre.
Ces accusations, particulièrement graves, n’ont pas encore fait l’objet d’une décision judiciaire établissant la responsabilité de l’officier mis en cause.
Face à cette situation, la SAFDF demande à l’Auditorat militaire de garnison de Butembo et aux autorités judiciaires compétentes d’engager les mesures nécessaires à la manifestation de la vérité, dans le respect des procédures légales.
La plateforme appelle également la hiérarchie provinciale de la PNC à assurer le suivi des mesures disciplinaires et à renforcer les mécanismes de prévention des violences commises par des policiers.
Au maire de Butembo et au gouverneur du Nord-Kivu, elle demande de soutenir la protection de la femme concernée et de faciliter son accès à la justice.
À l’issue de la rencontre avec l’autorité urbaine, Zéphérine Vihamba, présidente de la SAFDF, a déclaré avoir reçu des assurances concernant le traitement judiciaire du dossier.
« Le maire vient de nous rassurer que le dossier est en instruction à un niveau supérieur et que le procès est en cours », a-t-elle rapporté.
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« Nous voulons la célérité dans ce dossier pour que de tels cas ne puissent pas se répéter en ville de Butembo. Nous attendons la suite, surtout que justice soit faite et qu’il y ait réparation pour la victime », a-t-elle ajouté.
Cette démarche intervient après une plainte déposée le 20 octobre 2026 par le Barreau du Nord-Kivu auprès de l’Auditorat militaire supérieur. Cette plainte vise notamment des violences présumées contre un avocat et des faits d’atteinte à la pudeur dénoncés contre une femme de sa famille. Selon Radio Okapi, les faits remonteraient au 17 octobre, sur l’avenue Matokeo, à Butembo.
À la suite de cette affaire, l’ancien commandant urbain de la PNC, le commissaire supérieur Georges Ngonzela, a été rappelé par sa hiérarchie. Depuis le 22 octobre, le commissaire supérieur Kapuku Badinengani Inès assure l’intérim à la tête de la police urbaine de Butembo. Ce changement de commandement ne constitue toutefois pas une décision judiciaire sur les accusations formulées.
La SAFDF, qui regroupe notamment l’ADDF, la FEPSI, le SYFET et le FJDF, poursuit son plaidoyer pour la protection des femmes et des enfants. Elle insiste sur la nécessité de garantir aux victimes présumées de violences un accès effectif à la justice, indépendamment de la fonction occupée par les personnes mises en cause.
À ce stade, la date d’une éventuelle audience et les actes judiciaires déjà accomplis dans ce dossier n’ont pas pu être confirmés indépendamment. La version de l’officier concerné n’était pas non plus disponible dans les informations consultées.
Providence Birugho

