Sept agriculteurs ont été interpellés par des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans le village de Dédé, près de Katoto, en chefferie des Bahema-Nord, territoire de Djugu.
Quatre auraient été libérés, tandis que trois autres seraient toujours détenus, selon une alerte lancée jeudi 29 octobre 2026 par la société civile locale.
Bienvenue Augustin Lodi, président de la société civile du groupement Luvangire, affirme que les personnes concernées se rendaient dans leurs champs lorsqu’elles ont été arrêtées par des militaires basés dans cette partie de Djugu.
Selon cet acteur de la société civile, les soldats auraient soupçonné ces civils d’appartenir à la Convention pour la révolution populaire (CRP), un groupe armé actif dans le territoire.
« C’est une situation que nous condamnons », a-t-il déclaré dans un témoignage diffusé par Radio Candip, dénonçant également des coups de feu qui auraient été tirés lors de ces interpellations.
D’après les informations communiquées, quatre des sept personnes arrêtées auraient été conduites à Mandro, dans la chefferie des Bahema-Banywagi, avant d’être relâchées.
La société civile de cette partie de la province de l’Ituri affirme que ces quatre civils auraient subi des actes de torture avant leur libération. Ces accusations n’ont pas encore été confirmées auprès des personnes concernées ni de la hiérarchie militaire.
Les trois autres agriculteurs seraient toujours retenus par des militaires basés à Dédé.
Bienvenue Augustin Lodi réclame leur libération sans condition et dénonce des pratiques susceptibles de détériorer les relations entre les populations civiles et les forces de sécurité.
« La population se demande : est-ce qu’on ne peut pas faire du champ ? Voilà la question que nous nous posons », a-t-il déclaré, exprimant les inquiétudes des habitants concernant leur sécurité pendant les activités agricoles.
Ces accusations interviennent dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes en territoire de Djugu, où les FARDC poursuivent des opérations contre plusieurs groupes armés. Le 29 septembre, le commandement militaire en Ituri avait notamment dénoncé des attaques et des violations du cessez-le-feu qu’il attribuait à la CRP.
Plus récemment, mardi 27 octobre, des affrontements avaient opposé les FARDC à des combattants présumés de la CRP autour de Bule. Selon des sources sécuritaires citées par Radio Okapi, les militaires avaient repoussé une attaque contre leur position. Aucun élément ne permet cependant d’établir un lien direct entre ces affrontements et les interpellations signalées à Dédé.
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Dans cette région où les activités agricoles constituent une source importante de subsistance, les inquiétudes liées à la présence de groupes armés et aux opérations militaires compliquent l’accès des habitants à leurs champs. La société civile appelle ainsi à une meilleure protection des populations, tout en demandant que les opérations de sécurité respectent les droits des civils.
À ce stade, la version des FARDC sur les arrestations dénoncées à Dédé n’est pas disponible. Les motifs officiels de ces interpellations, les allégations de torture et la situation des trois personnes toujours retenues restent à éclaircir.
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