Le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a convoqué d’urgence à Kinshasa le gouverneur de la Mongala, Jean-Collins Makaka Pap’Ekaka, ainsi que les membres du bureau de l’Assemblée provinciale. Cette décision intervient dans un climat de tensions politiques et de contestations populaires dans cette province du nord-ouest de la République démocratique du Congo.
La convocation figure dans un message officiel daté du vendredi 23 octobre 2026, dont une copie est parvenue samedi à Buniaactualite.cd.
Dans ce document portant le numéro 25/CAB/VPM/MININTERSEDECAC/SLBJ/KMJ/1431/2026, le ministre de l’Intérieur demande aux responsables provinciaux concernés de rejoindre la capitale dans les meilleurs délais.
« Vous saluer et vous enjoindre, toutes affaires cessantes, dès la première occasion, vous devoir rejoindre Kinshasa », peut-on lire dans ce message officiel, qui précise simplement comme motif : « Consultation ».
Aucune autre explication n’est fournie sur les questions qui seront examinées au cours de ces échanges.
Cette convocation intervient cependant dans un contexte marqué par plusieurs tensions politiques et sociales dans la Mongala, particulièrement à Lisala, chef-lieu de la province.
Le 21 octobre, des manifestations contre la gestion provinciale ont notamment été signalées à Lisala. Selon des informations rapportées par une source, des manifestants dénonçant des opérations de recouvrement de taxes visant notamment les conducteurs de motos auraient pris pour cible plusieurs installations, dont le siège de l’Assemblée provinciale et des biens associés au gouverneur.
Des tensions ont également été rapportées vendredi 23 octobre aux abords de l’aérodrome de Lisala, où des jeunes protestataires auraient tenté d’empêcher un éventuel déplacement du gouverneur vers Kinshasa, selon une source.
Ces événements s’ajoutent aux divergences politiques apparues ces derniers mois entre plusieurs responsables provinciaux.
Fin août 2026, des représentants de partis membres de l’Union sacrée de la nation avaient notamment réclamé la fermeture de l’Assemblée provinciale et la révocation du gouverneur Jean-Collins Makaka, dénonçant une mauvaise gouvernance et des dysfonctionnements institutionnels.
Cette position avait toutefois été contestée début septembre par la coordination provinciale de l’Union sacrée, qui affirmait que les institutions provinciales fonctionnaient normalement et rejetait l’existence d’une crise institutionnelle.
Dans ce contexte, la décision du vice-Premier ministre de convoquer simultanément le gouverneur et les membres du bureau de l’Assemblée provinciale suscite des interrogations sur les préoccupations que le gouvernement central entend examiner.
Toutefois, le message officiel ne permet pas d’établir un lien direct entre cette convocation et les manifestations récentes, les différends politiques ou d’éventuelles décisions concernant l’avenir des institutions provinciales.
À ce stade, aucune mesure de suspension, de révocation ou de remplacement des autorités concernées n’a été annoncée dans le document.
La date exacte des consultations et les éventuelles décisions qui pourraient en découler restent également inconnues.
La rédaction

