Archives

    La riposte contre Ebola risque de connaître de nouvelles perturbations dans la zone de santé de Rwampara, en Ituri. Des prestataires engagés dans la surveillance épidémiologique et la mobilisation communautaire menacent de suspendre collectivement leurs activités dans un délai de 48 heures, dénonçant 77 jours de prestations sans paiement de leurs primes ni de leurs frais de communication.

    Selon les informations rapportées mardi 20 octobre 2026 par Radio Okapi, cette menace est formulée dans un mémorandum adressé au gouvernorat de l’Ituri et aux autorités sanitaires par le Collectif des prestataires de terrain de la riposte contre Ebola à Rwampara.

    Les signataires affirment que les retards de paiement affectent leurs conditions de vie et compromettent leur capacité à poursuivre normalement les opérations de lutte contre l’épidémie.

    A lire aussi : Colère et chaos après un décès suspect lié à Ebola à Rwampara : un corps calciné dans l’incendie du centre d’isolement

    Le collectif regroupe notamment des intervenants impliqués dans la surveillance, la communication sur les risques, l’engagement communautaire et la logistique. Il dénonce également le blocage des paiements destinés aux relais communautaires.

    Au-delà des arriérés, les prestataires soulèvent des préoccupations concernant la gestion des listes de paie. Ils évoquent notamment la présence présumée de noms fictifs et demandent la création d’une commission mixte chargée de vérifier l’identité des bénéficiaires et la régularité des paiements.

    Ces accusations n’ont toutefois pas été établies par une enquête indépendante.

    Cette nouvelle menace de suspension intervient trois mois après une série de mouvements de protestation qui avaient déjà perturbé les activités sanitaires à Rwampara et dans d’autres structures de Bunia.

    Le 13 juillet dernier, des prestataires du Centre de traitement Ebola de Rwampara avaient observé un arrêt de travail pour réclamer leurs rémunérations. Les activités avaient repris le lendemain, sous condition d’une régularisation des paiements.

    Quelques jours plus tard, les autorités de la riposte avaient reconnu l’existence de retards, évoquant notamment des difficultés administratives, des divergences dans les barèmes de rémunération et des problèmes d’acheminement des fonds.

    Elles avaient annoncé des mesures correctives, dont la validation des listes du personnel et la digitalisation progressive des paiements.

    Trois mois après ces engagements, les nouvelles revendications à Rwampara relancent les interrogations sur l’effectivité des solutions annoncées.

    La situation intervient alors que l’Ituri demeure fortement affectée par Ebola et que les équipes de terrain jouent un rôle essentiel dans l’identification des cas suspects, le suivi des contacts et la sensibilisation des communautés.

    Une interruption de ces interventions pourrait fragiliser davantage la surveillance épidémiologique, particulièrement dans les localités où la détection précoce et l’adhésion des populations restent déterminantes pour limiter les contaminations.

    Au moment de la publication de l’information, ni la coordination de la riposte à Rwampara ni les autorités provinciales n’avaient encore réagi officiellement aux nouvelles revendications.

    La question reste désormais de savoir si les autorités parviendront à régulariser les paiements avant l’expiration de l’ultimatum, afin d’éviter une nouvelle interruption des activités de lutte contre Ebola.

    Rédaction

    Leave A Reply

    error: Content is protected !!