La suspension prolongée des vols commerciaux à l’aéroport national de Murongo, à Bunia, suscite une nouvelle interpellation du gouvernement congolais. Le député national Néné Kashinde Avodjoa demande au vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, de réévaluer cette restriction imposée dans le cadre de la lutte contre Ebola, dénonçant ses conséquences économiques et sociales pour la population de l’Ituri.
Dans une correspondance référencée n° 28/KAN/DPN/2026, datée du 19 octobre et présentée comme réceptionnée mardi 20 octobre 2026 à Kinshasa, l’élu sollicite la reprise des activités aériennes à l’aéroport de Bunia, moyennant le maintien de mesures sanitaires appropriées.
Néné Kashinde reconnaît que la suspension initiale des vols répondait à des préoccupations de santé publique, alors que l’Ituri faisait face à une progression de la maladie à virus Ebola. Il estime cependant que la prolongation de cette restriction mérite désormais une nouvelle évaluation.
Le parlementaire conteste particulièrement ce qu’il considère comme une différence de traitement entre l’Ituri et d’autres provinces également affectées par l’épidémie, notamment le Nord-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.
Selon lui, le maintien des restrictions à Bunia, alors que d’autres plateformes aéroportuaires continueraient à fonctionner, soulève des interrogations sur les critères appliqués par les autorités nationales.
Au-delà de cette question d’équité, Néné Kashinde insiste sur les répercussions de la suspension des vols pour les habitants, les commerçants, les investisseurs et les organisations intervenant dans la province.
L’aéroport de Murongo constitue en effet une infrastructure importante pour les liaisons entre Bunia et les autres grandes villes du pays. La suspension des vols commerciaux réduit les possibilités de déplacement et complique certaines opérations économiques dépendant du transport aérien.
La situation dure depuis plusieurs mois. Le 23 mai 2026, le gouvernement avait annoncé la suspension des activités aériennes commerciales en raison de l’épidémie. Une réouverture avait ensuite été décidée au début du mois de juin, avec des contrôles sanitaires renforcés, avant une nouvelle interruption des vols commerciaux quelques jours plus tard.
A lire aussi : Ebola en Ituri : l’aéroport de Bunia suspend à nouveau les vols commerciaux ?
Cette succession de décisions avait déjà suscité des préoccupations parmi les opérateurs économiques et les voyageurs.
Pour le député, les restrictions sanitaires doivent rester proportionnées aux risques et reposer sur des critères transparents. Il appelle ainsi le ministère des Transports à réexaminer les conditions d’une reprise sécurisée des vols.
L’argument selon lequel la situation sanitaire serait désormais maîtrisée à Bunia doit toutefois être nuancé. Les derniers bilans disponibles témoignent toujours d’une transmission active d’Ebola en Ituri, ce qui impose de maintenir une surveillance sanitaire rigoureuse.
La réouverture des liaisons commerciales ne dépend donc pas seulement de leurs conséquences économiques, mais également d’une évaluation actualisée des risques et de la capacité à faire respecter les protocoles sanitaires.
La correspondance de Néné Kashinde, également portée à l’attention de la Primature et de l’Assemblée nationale, relance ainsi une question qui demeure sans réponse publique récente suffisamment précise : quelles conditions sanitaires doivent encore être réunies pour permettre la reprise des vols commerciaux à Bunia ?
À ce stade, aucune réaction du ministère des Transports à cette nouvelle démarche parlementaire n’a été communiquée dans les éléments disponibles.
Rédaction

