La ville de Butembo, au Nord-Kivu, connaît une forte paralysie de ses activités ce lundi 19 octobre 2026, à l’occasion de la journée « Stop Ebola » décrétée par le gouverneur militaire, le général-major Évariste Somo Kakule. Commerces fermés, transports interrompus sur plusieurs axes et présence renforcée des forces de l’ordre caractérisent cette journée consacrée à la lutte contre l’épidémie. Si la mesure est globalement respectée, elle suscite des inquiétudes parmi les habitants qui vivent de leurs recettes quotidiennes.
Dans plusieurs quartiers de Butembo, les boutiques, magasins et autres établissements commerciaux sont restés fermés. Les éléments des services de sécurité sont déployés à différents endroits pour veiller au respect des mesures annoncées par les autorités provinciales.
La circulation des véhicules et des motos est fortement perturbée, tant pour les transports publics que privés. Seules quelques activités essentielles, notamment les pharmacies et la vente de certains produits vivriers au marché central, sont encore observées.
Au marché central de Butembo, certaines vendeuses de produits alimentaires ont maintenu leurs étalages ouverts malgré la faible fréquentation. Elles affirment avoir été informées de la décision du gouvernement provincial, mais expliquent que la vente de nourriture constitue leur principale source de revenus.
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Une commerçante interrogée sur place reconnaît l’importance des mesures destinées à prévenir la propagation d’Ebola. Elle assure appliquer les pratiques d’hygiène recommandées, tout en soulignant les difficultés économiques provoquées par l’interruption des activités.
Selon elle, la fermeture des commerces environnants réduit considérablement la présence des clients. Les vendeuses présentes au marché se retrouvent ainsi avec des marchandises, mais peu d’acheteurs.
Une autre vendeuse exprime les mêmes préoccupations. Elle explique que la baisse de fréquentation du marché compromet les revenus dont dépendent les besoins quotidiens de leurs familles. Malgré ces difficultés, elle appelle la population à maintenir les pratiques de prévention contre Ebola.
La situation est également difficile pour les conducteurs de motos-taxis, particulièrement dépendants du transport quotidien des passagers.
Rencontré à son lieu habituel de stationnement, un motard affirme être arrivé vers 6 heures du matin sans parvenir à trouver de client jusqu’aux environs de 13 heures.
Il explique que cette interruption des activités affecte directement sa capacité à réunir la recette journalière et à répondre aux besoins alimentaires de sa famille.
Pour ce conducteur, la journée sans activités représente ainsi un manque à gagner immédiat, même s’il reconnaît que les restrictions ont été annoncées dans le cadre de la riposte sanitaire.
À Njiapanda, les préoccupations portent particulièrement sur les dispositifs installés pour limiter la circulation.
Mumbere Isimba Enoka, un habitant rencontré dans ce secteur, affirme avoir traversé plusieurs quartiers, notamment Mususa et Ruwenzori, où il a constaté la fermeture des commerces.
Il se dit favorable au respect de la journée « Stop Ebola », mais s’interroge sur la nécessité d’installer des cordes et d’autres obstacles sur certaines routes, alors que les activités commerciales sont déjà suspendues.
Selon lui, ces barrages compliquent davantage les déplacements et suscitent des interrogations parmi les habitants. Il estime que les autorités pourraient faire respecter la suspension des activités sans entraver complètement le passage sur certains axes.
Ce témoignage met en évidence les préoccupations d’une partie de la population concernant les modalités pratiques d’application de la mesure, sans remettre en cause la nécessité de lutter contre l’épidémie.
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La journée « Stop Ebola » a été décrétée sur toute l’étendue du Nord-Kivu pour renforcer la sensibilisation communautaire, rendre hommage aux victimes de la maladie et encourager le respect des mesures de prévention. Les structures sanitaires, les pharmacies, les équipes de riposte et les services de sécurité figurent parmi les services autorisés à fonctionner.
À Butembo, cette journée illustre cependant les difficultés auxquelles sont confrontés les ménages dépendant du petit commerce et du transport informel. Entre la nécessité de freiner la propagation du virus et celle de préserver les moyens de subsistance, les habitants interrogés appellent à une application des mesures sanitaires tenant compte des réalités économiques locales.
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