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    Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et Innovations (ESURSI) se dit disposé à engager des concertations avec l’Église catholique sur la situation des universités publiques de Goma et Bukavu, dont les activités ont été suspendues par le gouvernement congolais. Cette ouverture intervient après l’interpellation de l’archevêque de Bukavu, Mgr François-Xavier Maroy Rusengo, préoccupé par l’avenir des étudiants vivant dans les zones sous occupation rebelle.

    Dans une mise au point rendue publique le week-end du 17 au 18 octobre 2026, la cellule de communication du ministère affirme avoir examiné avec attention la lettre ouverte du prélat catholique, datée du 10 octobre et intitulée « Remets ton épée au fourreau ».

    Le ministère reconnaît les difficultés rencontrées par les étudiants et leurs familles dans l’Est de la République démocratique du Congo, tout en maintenant sa position sur les mesures administratives prises dans les établissements concernés.

    « Le ministère demeure disponible pour une concertation respectueuse avec l’Église », indique le communiqué, qui associe également les partenaires éducatifs à cette perspective de dialogue.

    Cette réaction intervient après les critiques formulées par Mgr François-Xavier Maroy contre les conséquences du conflit opposant Kinshasa aux responsables de l’AFC/M23 sur la gestion des établissements publics d’enseignement supérieur.

    Dans sa correspondance, l’archevêque avait notamment appelé les deux parties à ne pas transformer l’éducation en instrument de confrontation, insistant sur les difficultés des familles contraintes de supporter les conséquences des décisions politiques et militaires.

    En réponse, le ministère rappelle que la suspension décidée en août 2026 concerne précisément onze établissements publics situés à Goma, au Nord-Kivu, et à Bukavu, au Sud-Kivu.

    Selon Kinshasa, ces mesures sont temporaires et visent à préserver la régularité des parcours académiques, la légalité des nominations administratives ainsi que la reconnaissance des diplômes.

    Le gouvernement conteste particulièrement les nominations effectuées par l’AFC/M23 dans les institutions universitaires des zones sous son contrôle, estimant qu’un mouvement armé ne peut se substituer aux autorités légalement compétentes.

    Toutefois, le ministère précise que les dispositions prises ne constituent pas une fermeture générale de l’enseignement supérieur dans les deux provinces.

    Il assure également que la note circulaire n° 039 du 9 octobre 2026, consacrée à l’accueil des étudiants et personnels déplacés, n’impose pas aux étudiants de quitter systématiquement leurs provinces pour poursuivre leurs études ailleurs.

    Cette circulaire prévoit notamment la reconnaissance des acquis académiques, la prise en compte des frais déjà payés, l’allègement des pénalités liées aux déplacements forcés et l’accompagnement des étudiants dans les établissements d’accueil.

    Le ministère affirme également qu’aucun étudiant ne devrait être contraint de recommencer son parcours universitaire à zéro lorsque ses acquis ont été régulièrement obtenus.

    A lire aussi : Goma et Bukavu : les activités académiques suspendues jusqu’à nouvel ordre

    Il reconnaît néanmoins que les démarches administratives ne suffisent pas à résoudre les difficultés matérielles et sécuritaires des familles, particulièrement lorsque les déplacements sont impossibles ou financièrement inaccessibles.

    Malgré son ouverture au dialogue, le ministère ne revient pas sur la suspension des activités académiques dans les onze établissements concernés.

    La question reste donc de savoir quelles solutions concrètes pourront être convenues avec l’Église et les partenaires éducatifs pour permettre aux étudiants de poursuivre leur formation dans des conditions acceptables.

    Cette nouvelle prise de position intervient alors que les tensions autour des nominations universitaires dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 continuent d’alimenter les inquiétudes sur l’avenir de l’enseignement supérieur dans l’Est de la RDC.

    Rédaction

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