Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, critique les responsables politiques congolais qui multiplient les déclarations contre l’ancien président Joseph Kabila, désormais à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN). Il estime que les condamnations verbales ne suffisent pas face aux enjeux sécuritaires auxquels le pays est confronté.
Dans une nouvelle prise de position, le défenseur des droits humains appelle les acteurs politiques à dépasser les discours pour réfléchir aux moyens de mobiliser et d’organiser les populations face au mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien chef de l’État.
« Vos déclarations et appels contre M. Kabila ne signifient rien », affirme Jean-Claude Katende, dénonçant ce qu’il considère comme l’absence d’initiatives concrètes de la part de certains responsables politiques.
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« On a maintenant besoin des hommes et des femmes qui réfléchissent sur comment mobiliser et organiser les populations de nos villes et villages pour résister à l’entreprise criminelle du FRN », poursuit le président de l’ASADHO.
Au-delà de cette interpellation, Jean-Claude Katende exprime également des soupçons sur la sincérité de certains acteurs politiques qui condamnent publiquement le nouveau mouvement de Joseph Kabila.
« Arrêtez vos discours sans action concrète. Je ne doute pas que certains parmi tous ceux qui font des déclarations et appels ces jours-ci soient des alliés cachés du FRN », déclare-t-il.
Cette accusation n’est toutefois accompagnée d’aucun élément de preuve ni de noms permettant d’établir l’existence de telles alliances.
Le président de l’ASADHO établit par ailleurs un parallèle avec l’histoire politique de la RDC, particulièrement la rébellion de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), qui avait conduit Laurent-Désiré Kabila au pouvoir après la chute du régime de Mobutu en mai 1997.
« Personne n’a besoin de revivre l’aventure de l’AFDL », prévient-il.
Ces déclarations interviennent quelques jours après l’annonce, le 12 octobre 2026 à Goma, de la création du Front pour la refondation de la nation, une coalition politico-militaire dirigée par Joseph Kabila et regroupant notamment les responsables de l’ancienne alliance AFC/M23.
Depuis cette annonce, plusieurs responsables politiques et acteurs de la société civile ont multiplié les réactions, entre condamnations de la nouvelle coalition, appels au soutien des institutions et inquiétudes concernant l’évolution du conflit dans l’Est du pays.
Jean-Claude Katende avait déjà critiqué l’engagement de Joseph Kabila dans cette nouvelle structure, qu’il considère comme une menace pour la stabilité et l’intégrité territoriale de la RDC.
Sa nouvelle intervention porte particulièrement sur la réponse des acteurs politiques à cette évolution. Elle pose la question des initiatives concrètes envisagées pour protéger les populations, au-delà des déclarations publiques.
Le président de l’ASADHO n’a cependant pas précisé, dans les propos rapportés, les modalités pratiques de la mobilisation qu’il préconise.
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