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    La chanteuse chrétienne Eunice Manyanga a dénoncé, dans une vidéo publiée sur TikTok le jeudi 15 octobre 2026, les moqueries et les insultes qu’elle affirme subir depuis 2025 en raison de sa corpulence. Son témoignage remet en lumière les conséquences possibles du cyberharcèlement sur la santé mentale et le bien-être psychologique des personnes qui en sont victimes.

    « Depuis 2025, je subis du harcèlement sur les réseaux sociaux à cause de ma forme physique. Ça fait vraiment mal. Les gens vont jusqu’à m’insulter », a-t-elle déclaré. Elle affirme également accepter son apparence physique, tout en appelant les internautes au respect : « Vous ne savez pas quels combats les gens mènent en silence. »

    Cyberharcèlement : une forme de violence numérique

    Le cyberharcèlement désigne différentes formes de violence exercées au moyen des technologies numériques. Il peut se manifester par des insultes, des menaces, la propagation de rumeurs ou la diffusion de contenus humiliants visant à porter atteinte à une personne. Les réseaux sociaux, les messageries et les courriels peuvent ainsi devenir des espaces de harcèlement.

    « Le cyber harcèlement est une forme de violence exercée à travers les technologies numériques. Que ce soit les réseaux sociaux, les messageries, les courriels,… Ils se manifestent par des insultes, des menaces, des rumeurs, même la diffusion des images ou des messages humiliants contre une personne dans l’intention de l’humilier ou de lui nuire », explique Serge Rusinga, psychologue clinicien.

    Des conséquences réelles sur la santé mentale

    Derrière les insultes publiées en ligne peuvent se cacher des souffrances psychologiques difficiles à percevoir à son début. Selon Serge Rusinga, le cyberharcèlement peut entraîner une baisse de l’estime de soi, de l’anxiété et un repli sur soi. Ses conséquences dépendent de la résilience de chaque personne et de la fréquence d’exposition aux sources de stress. Dans certaines situations, elles peuvent être passagères, mais dans d’autres situations, elles peuvent devenir graves et chroniques, notamment avec l’apparition de troubles du sommeil ou des troubles dépressifs.

    « Il peut avoir un impact réel sur la santé mentale de la victime. Parfois ces conséquences ne sont pas graves, d’autres graves et chroniques : anxiété avec hyper vigilance, la baisse de l’estime de soi, à la longue l’isolement, troubles de sommeils, signes des troubles dépressifs, ce qui peut pousser à la longue à des actes suicidaires », souligne le psychologue clinicien.

    La souffrance d’une victime n’est cependant pas toujours visible. Une personne peut continuer à publier sur les réseaux sociaux, à travailler ou à interagir avec son entourage tout en éprouvant un profond mal-être. « Sur le plan psychologique la souffrance est toujours interne, personne ne peut la voir. Les manifestations viennent un peu plutard lorsque la personne a déjà développé des formes graves des troubles psychologiques », précise Serge Rusinga.

    Les moqueries liées au poids ou à l’apparence physique peuvent également renforcer la stigmatisation et fragiliser l’image que la personne a d’elle-même. La grossophobie, qui désigne les attitudes négatives, les discriminations et les humiliations visant les personnes en raison de leur corpulence, peut contribuer à cette souffrance. L’apparence physique ne justifie donc ni l’insulte ni l’humiliation.

    Comment faire face au cyberharcèlement ?

    Face aux attaques en ligne, Serge Rusinga recommande aux victimes de prendre leurs distances avec les sources de souffrance, de signaler les abus, de bloquer les auteurs et de se confier à une personne de confiance. Il encourage également les personnes touchées à solliciter l’aide de professionnels lorsque la situation affecte leur bien-être psychologique.

    « Savoir s’éloigner de ces sources de souffrances, en signalant les abus et les violences qu’elles subissent, bloquer sur les réseaux les auteurs des ces actes, se confier à quelqu’un de confiance, demander de l’aide auprès des spécialistes », conseille-t-il.

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    Le psychologue insiste aussi sur la nécessité de renforcer la responsabilité des plateformes et de la communauté. « Que les politiques d’utilisation des réseaux sociaux soient respectées. La communauté doit créer des services de soutien psychosocial pour aider les victimes à se rétablir », ajoute-t-il. Le signalement des contenus abusifs, l’application des règles des plateformes et l’accès à un accompagnement psychosocial peuvent contribuer à mieux protéger les victimes.

    Le respect, une responsabilité collective

    Pour Serge Rusinga, le cyberharcèlement ne relève pas uniquement des technologies, mais aussi du comportement humain et de l’éducation. « Ce qui est sûr, le cyber harcèlement n’est pas un problème numérique, mais un problème des personnes qui harcèlent, un problème d’éducation », affirme-t-il.

    Le témoignage d’Eunice Manyanga rappelle ainsi que les paroles publiées sur les réseaux sociaux peuvent avoir des conséquences au-delà des écrans. Critiquer ou ne pas apprécier une personne ne donne pas le droit de l’humilier. La prévention du cyberharcèlement nécessite une prise de conscience collective, une éducation au respect et une meilleure prise en compte de la santé mentale.

    William Afoyogira

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