Des leaders communautaires et des représentants de la société civile de l’Ituri ont été sensibilisés, vendredi 16 octobre 2026, à Bunia, sur le projet Tumaini-Trial, une initiative de recherche visant à évaluer des vaccins candidats contre le virus Ebola de type Bundibugyo, responsable de l’épidémie en cours dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Organisée à l’hôtel Karibuni, cette rencontre a permis aux équipes de recherche de présenter les objectifs du projet, de partager les premières tendances issues des recherches en sciences sociales et d’échanger avec les acteurs communautaires sur leur contribution à la communication des risques et à l’engagement communautaire.
Ledit projet prévoit des essais cliniques destinés à évaluer la sécurité, l’efficacité et la capacité de plusieurs vaccins candidats à déclencher une réponse immunitaire contre le virus Bundibugyo. Ces recherches doivent contribuer à identifier des moyens de prévention adaptés à cette souche d’Ebola, pour laquelle aucun vaccin spécifique n’est actuellement homologué.
Présent à cette rencontre, le maire de Bunia, le colonel Jean Bosco Mbuyi Kola, a insisté sur la nécessité d’harmoniser les messages de sensibilisation auprès de la population. Pour l’autorité urbaine, la mobilisation des différentes composantes communautaires doit contribuer à « protéger la santé des habitants ».
De son côté, le docteur Zéphyrin Mossoko, coordonnateur de terrain du projet Tumaini, a expliqué que cette initiative consiste à mener « une étude qui va nous permettre d’avoir un candidat vaccin […] pour combattre cette maladie », faisant référence à Ebola.
Intervenant en swahili, Karenzi Lina, épidémiologiste et chercheuse principale en sciences sociales, comportementales et communication au sein du projet, a apporté des précisions sur les objectifs scientifiques de l’étude.
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Selon ses explications, Tumaini Trialpermettra d’évaluer plusieurs vaccins candidats contre le virus Bundibugyo, notamment leur sécurité, leur « efficacité et leur capacité à protéger les personnes exposées, avant une éventuelle homologation ».
Cette démarche intervient alors que les chercheurs cherchent à disposer de données scientifiques fiables pour déterminer si les vaccins étudiés peuvent offrir une protection contre cette souche du virus Ebola.
Les échanges ont également permis de recueillir les préoccupations et les attentes des représentants communautaires, particulièrement sur l’acceptation des recherches et la lutte contre les fausses informations.
Jacques Pelé, président du Conseil urbain de la jeunesse de Bunia, a appelé les jeunes à accompagner cette initiative scientifique.
« Le message que je lance à toute la jeunesse de la province de l’Ituri et de la ville de Bunia, c’est que la jeunesse doit s’approprier cette recherche qui se fait actuellement sur la maladie à virus Ebola », a-t-il déclaré, encourageant une participation active et éclairée des communautés.
Pour un évêque, vice-président des Églises de réveil en Ituri, cette recherche représente une perspective encourageante pour les communautés affectées par les précédentes flambées épidémiques.
« Nous tous, on voulait vraiment qu’on puisse nous trouver un vaccin parce qu’on a perdu beaucoup des nôtres. Dans la communauté religieuse, vraiment, on a perdu beaucoup de pasteurs avec cette maladie », a-t-il témoigné.
Le responsable religieux a néanmoins reconnu que l’efficacité du vaccin envisagé restait à démontrer. Il a également insisté sur le caractère médical d’Ebola, rejetant les interprétations qui présentent cette maladie comme un phénomène diabolique.
Dans le même esprit, Didi Mbusa, assistant chargé de communication du projet Tumaini, a expliqué en swahili que la peur reste présente dans la population de l’Ituri, notamment en raison de l’absence de traitement spécifique homologué contre le virus Bundibugyo. Il a toutefois souligné que les recherches scientifiques constituent une source d’espoir pour les communautés touchées.
Fabrice Tibasima, coordonnateur des structures de jeunes engagées dans l’Agenda paix et sécurité, a pour sa part insisté sur la nécessité de prévenir la désinformation autour de cette recherche.
« Le souhait majeur ici est que la population puisse s’approprier ces projets », a-t-il déclaré, avant d’appeler les habitants à « ne pas céder à la manipulation et à la désinformation ».
Un autre appel a été lancé par Pascal Suli, membre de l’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri (UNADI), une structure regroupant les différentes communautés de la province.
S’exprimant en swahili, il a exhorté les personnes ayant été en contact avec des malades d’Ebola à ne pas craindre les équipes de Tumaini Trial et à se rapprocher d’elles pour bénéficier des informations nécessaires sur les possibilités de participation à l’étude.
Ces appels communautaires interviennent alors que l’essai vaccinal se trouve encore dans sa phase préparatoire. Selon les informations publiées le 15 octobre par l’Institut de médecine tropicale d’Anvers, son démarrage demeure soumis aux autorisations éthiques et réglementaires nécessaires. La participation des personnes éligibles devra également respecter les exigences du protocole de recherche, notamment leur consentement libre et éclairé.
Le projet Tumaini Trial est dirigé par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de la RDC et l’Université d’Anvers, sous la supervision nationale du ministère congolais de la Santé publique, a appris buniaactualite.cd. Il bénéficie notamment de l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), de Médecins sans frontières (MSF), d’Epicentre et de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers.
Son financement est assuré notamment par la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI).
À travers cette rencontre, les responsables du projet entendent renforcer le dialogue avec les communautés et favoriser une meilleure compréhension des recherches vaccinales, dans un contexte où la confiance de la population reste déterminante pour la conduite des essais cliniques et la riposte contre Ebola.
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