La suspension des activités de treize partis politiques par le vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, ne suffit pas aux jeunes leaders de l’Ituri. Dans une lettre ouverte rendue publique vendredi 16 octobre 2026 à Bunia, un mouvement citoyen réclame leur dissolution définitive ainsi que l’éviction de leurs représentants des institutions publiques.
Dans ce document parvenu à Buniaactualite.cd, le coordonnateur national du mouvement, Christian Shauri Bikami, salue la décision du ministère de l’Intérieur, tout en estimant qu’elle devrait être suivie de mesures judiciaires et politiques plus contraignantes.
Les formations visées comprennent notamment le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de l’ancien président Joseph Kabila, l’Union des patriotes congolais (UPC) de Thomas Lubanga, l’Alliance des démocrates pour le changement et le progrès (ADCP) de Corneille Nangaa et le Leadership et gouvernance pour le développement (LGD) de Matata Ponyo.
Le mouvement appelle les juridictions compétentes à examiner la possibilité d’une dissolution définitive de ces partis, qu’il accuse de proximité avec des acteurs impliqués dans la déstabilisation du pays.
Pour soutenir sa position, Christian Shauri invoque notamment l’article 63 de la Constitution ainsi que plusieurs dispositions de la législation relative aux partis politiques. Il estime qu’une simple suspension administrative ne répond pas à la gravité des faits qu’il reproche aux formations concernées.
Mais sa principale revendication concerne la présence de leurs membres dans les institutions de la République.
Le mouvement demande la révocation des ministres, vice-ministres, mandataires publics, directeurs généraux et autres responsables administratifs dont les nominations seraient liées aux quotas politiques de ces partis.
Il réclame également un examen de la situation des élus appartenant aux formations concernées, y compris ceux siégeant sous les couleurs de regroupements politiques.
Dans cette perspective, Christian Shauri appelle les regroupements à prendre leurs distances avec les partis suspendus et demande à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ainsi qu’aux juridictions compétentes d’examiner les éventuelles conséquences sur les mandats électifs.
« La RDC ne nourrira plus ses propres bourreaux. Le nettoyage immédiat de toutes nos institutions s’impose », affirme-t-il dans sa lettre ouverte.
Ces revendications constituent toutefois des positions politiques du mouvement. La suspension administrative d’un parti ne provoque pas automatiquement la perte du mandat de ses élus ni la révocation des responsables publics qui en sont membres. De telles mesures doivent reposer sur des fondements juridiques et respecter les procédures applicables.
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Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions politiques nationales, alors que la suspension des treize formations suscite des réactions dans plusieurs milieux.
Depuis Bunia, les auteurs de la lettre justifient leur démarche par la situation sécuritaire persistante en Ituri et leur volonté de voir les institutions prendre des mesures plus fermes contre les acteurs qu’ils considèrent comme responsables de l’instabilité.
Nickson Manzekele

