Une opération d’appui à la réinsertion socio-économique de 120 femmes a été lancée lundi 5 octobre 2026 à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, dans le cadre d’un projet d’accompagnement des victimes de violences sexuelles liées aux conflits.
À Bunia, 40 femmes ont reçu des kits de réinsertion ainsi qu’une assistance financière destinée au lancement ou au renforcement d’activités génératrices de revenus. Au total, l’opération prévoit 120 bénéficiaires, réparties entre Bunia, Aru et Mahagi, à raison de 40 femmes par entité.
L’activité est organisée par l’Association nationale des mamans pour l’aide aux déshérités (ANAMAD), sous le thème : « Lutte contre les VBG : justice, autonomisation et dignité des femmes et des jeunes filles en République démocratique du Congo ».
Selon l’ANAMAD, le projet bénéficie de l’appui financier du Fonds canadien à travers le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
150 dollars pour soutenir une activité génératrice de revenus
Avant de recevoir cet appui, les bénéficiaires ont été formées à la création et à la gestion d’activités génératrices de revenus (AGR).
Selon le coordonnateur de l’ANAMAD, leur identification s’effectue avec l’implication de plusieurs structures intervenant dans la prise en charge et l’accompagnement des victimes.
« Les cas sont référencés par l’hôpital général, les psychologues, l’ONG Justice Plus et le Barreau des avocats de l’Ituri. Après leur identification, nous les accompagnons dans le processus de réinsertion socio-économique, notamment à travers le renforcement de leurs capacités en création et gestion des activités génératrices de revenus », explique-t-il.
Chaque bénéficiaire reçoit une assistance financière de 150 dollars américains pour démarrer ou renforcer son activité. Selon l’ANAMAD, un appui supplémentaire de 30 dollars est prévu pour les bénéficiaires qui se distingueront dans la gestion et le développement de leurs activités.
Le programme ne devrait pas s’arrêter à la remise des fonds. Une phase de suivi post-création et des évaluations socio-économiques sont également annoncées, avec l’implication de l’Institut national de la statistique.
L’ANAMAD encourage par ailleurs les bénéficiaires à mettre en place des mécanismes collectifs d’épargne et de solidarité afin de renforcer la pérennité de leurs activités.
« Nous encourageons les femmes à se constituer en mutuelles de solidarité afin de mettre en place des crédits rotatifs. Notre souhait est qu’elles puissent bien gérer ces fonds, développer leurs activités et améliorer progressivement leur situation socio-économique », souligne le coordonnateur.
La Division du Genre insiste sur la bonne gestion
Présent lors de l’activité, le chef de la Division provinciale du Genre, Famille et Enfant, Jean-Marc Mazio, a appelé les bénéficiaires à utiliser l’appui reçu conformément aux objectifs du projet.
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Il a annoncé que les bénéficiaires seraient enregistrées dans une base de données de la division afin de permettre notamment le suivi des différents appuis.
« Chaque femme qui a reçu ce don va figurer dans la base de données de la Division provinciale du Genre, Famille et Enfant. Si une bénéficiaire gère mal les fonds reçus, elle sera blacklistée et ne pourra plus bénéficier des dons ultérieurs, même auprès d’une autre organisation », a-t-il déclaré.
Pour l’ANAMAD, l’enjeu est de faire de cette assistance un point de départ vers une autonomisation économique durable, plutôt qu’un appui ponctuel, en permettant aux bénéficiaires de développer des activités capables de contribuer durablement aux besoins de leurs ménages.
La rédaction

