Des représentants des clans Ndibanane, Ndisumbusa et Ndibakodhu, se réclamant de la communauté autochtone Bira de Bunia, ont saisi le gouverneur militaire de l’Ituri au sujet d’un différend foncier les opposant au diocèse de Bunia autour de la colline de Katanyuba, où est notamment implanté le Grand Séminaire.
Dans un mémorandum daté du 3 septembre 2026, les signataires sollicitent l’implication du gouverneur afin de favoriser un règlement pacifique du différend et demandent la mise en place d’un cadre de dialogue entre les parties concernées.
Des opérations foncières contestées
Dans leur mémorandum, les représentants des trois clans affirment faire face depuis plusieurs mois à ce qu’ils qualifient d’« envahissement » de terres qu’ils considèrent comme ancestrales.
Ils contestent notamment des opérations de lotissement et de cession de parcelles qu’ils attribuent à l’Église catholique dans une zone située entre la morgue de l’Hôpital général de référence de Bunia, le quartier Kasegwa, l’évêché et la rivière Kabazo.
Les signataires avancent également des allégations concernant l’identité communautaire de certains bénéficiaires présumés des parcelles concernées.
Buniaactualite.cd n’est toutefois pas en mesure de corroborer indépendamment ces différentes affirmations. Le mémorandum présente à ce stade la position d’une des parties au différend.
Les représentants des clans Ndibanane, Ndisumbusa et Ndibakodhu affirment également que certaines maisons construites sur la colline de Katanyuba auraient été détruites depuis mars 2026.
Ils demandent aux autorités provinciales d’intervenir afin d’éviter une aggravation de la situation et de préserver la cohabitation pacifique entre les différentes composantes de la population de Bunia.
« Notre démarche ne vise nullement à créer un conflit avec l’Église catholique ou avec une quelconque autre communauté », soutiennent les signataires.
Ils demandent notamment qu’une portion de terre soit mise à leur disposition afin de leur permettre d’y construire des habitations.
Les trois clans se disent également disposés à participer à une éventuelle commission ou à tout autre mécanisme que les autorités jugeraient approprié pour examiner les revendications des différentes parties et rechercher une issue au différend.
Des formulations qui témoignent de la tension
Si les auteurs du mémorandum affirment privilégier le dialogue et le vivre-ensemble, le document comporte également des formulations plus fermes témoignant du niveau de tension autour du dossier.
L’un des messages dénonce ce que les signataires qualifient de « spoliation » de leur terre de Katanyuba. Un autre évoque leur détermination à récupérer les terres qu’ils revendiquent.
A lire aussi : Bunia: la communauté Bira dans la rue pour dénoncer « l’importation» du conflit de Djugu à Irumu
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les différends fonciers et les revendications communautaires constituent des questions particulièrement sensibles en Ituri. Leur traitement nécessite notamment l’établissement des droits fonciers revendiqués par chaque partie et le recours aux mécanismes administratifs, judiciaires ou de médiation compétents.
Le mémorandum a également été transmis, pour information, à plusieurs responsables provinciaux, judiciaires, sécuritaires et administratifs.
Parmi eux figurent notamment le directeur provincial de l’Agence nationale de renseignements (ANR), le procureur général près la Cour d’appel de l’Ituri, le commandant de la 32ᵉ région militaire, le commissaire provincial de la Police nationale congolaise ainsi que le maire de Bunia.
Au moment de la rédaction de cet article, la version du diocèse de Bunia sur les accusations formulées dans ce mémorandum n’était pas disponible.
Buniaactualite.cd reste disposé à recueillir sa réaction ainsi que celle des services fonciers compétents afin de confronter les différentes versions et de mieux établir la situation juridique des terrains concernés.
Jonathan Bavonga

