Le Collectif des Journalistes de l’Ituri (CJI) accorde 72 heures aux responsables de la riposte contre la maladie à virus Ebola pour répondre aux préoccupations des médias locaux. Le collectif dénonce leur faible implication dans le dispositif de communication et exige l’ouverture d’un dialogue avec les professionnels des médias.
Dans une déclaration lue ce lundi à Bunia par Rachidi Kudra, porte-parole du CJI, le collectif estime que les médias locaux jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation des communautés face à Ebola, mais que leur contribution reste insuffisamment reconnue et accompagnée.
Depuis le début de l’épidémie, les journalistes de l’Ituri assurent la couverture de la situation à travers des reportages, des émissions de sensibilisation, des journaux parlés et des publications dans les médias en ligne. Ils participent notamment à la diffusion des messages de prévention et à la lutte contre les rumeurs.
Le CJI dénonce une faible implication
Selon le Collectif des Journalistes de l’Ituri, les médias locaux ne sont toutefois pas suffisamment associés aux activités de communication de la riposte.
Le CJI déplore notamment le manque d’accompagnement des médias, ainsi que l’utilisation de certains contenus produits par les journalistes sans consultation préalable de leurs auteurs.
Pour le collectif, cette situation ne tient pas suffisamment compte de l’importance des médias de proximité. Ces derniers connaissent les réalités des communautés, maîtrisent les langues locales et disposent d’une bonne connaissance du contexte socioculturel de la province.
Des démarches restées sans réponse
Le Collectif des Journalistes de l’Ituri affirme avoir entrepris plusieurs démarches pour rencontrer les responsables de la riposte afin de présenter les difficultés rencontrées par les journalistes et proposer des solutions.
Selon Rachidi Kudra, ces démarches n’ont pas permis d’obtenir une rencontre avec les responsables concernés.
Face à cette situation, le CJI exige désormais une rencontre avec les responsables de la riposte, notamment l’Incident Manager de l’Institut national de santé publique (INSP), ainsi que les représentants de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), de la Division provinciale de la Santé (DPS) et les autres acteurs impliqués.
Plusieurs revendications
Le collectif demande notamment une implication effective des médias locaux, y compris les médias en ligne, dans les activités de communication et de sensibilisation.
Il réclame également un mécanisme transparent d’accompagnement des médias, la valorisation de l’expertise locale, le respect du travail et des droits professionnels des journalistes, ainsi que la prise en compte de leurs conditions de travail et de leur sécurité.
Le CJI souhaite par ailleurs que les productions journalistiques soient rémunérées sur la base des factures des médias concernés, plutôt que par le simple remboursement des frais de transport.
Un ultimatum de 72 heures
Le Collectif des Journalistes de l’Ituri accorde ainsi 72 heures aux responsables de la riposte pour répondre à ses préoccupations et organiser une rencontre avec les représentants des médias.
À défaut de réponse ou de rencontre au terme de cet ultimatum, le CJI annonce qu’il prendra des mesures concernant la couverture et la diffusion des informations et activités liées à la riposte contre Ebola en Ituri, jusqu’à nouvel ordre.
Le porte-parole du collectif précise cependant que cette éventuelle décision ne constitue pas un abandon de la lutte contre Ebola. Il s’agit, selon lui, d’une mesure de protestation destinée à dénoncer ce que le CJI considère comme une marginalisation des médias locaux.
Le collectif réaffirme enfin sa disponibilité à poursuivre le dialogue avec les autorités sanitaires et les différents partenaires engagés dans la riposte, tout en appelant les journalistes de l’Ituri à continuer à informer et à sensibiliser la population.
Rédaction

